Les USA se préparent à la guerre contre la Syrie, alors que les rebelles d’al-Qaeda soutenus par Washington perdent du terrain

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Des missiles Patriot de l’OTAN en route pour la Turquie, le 24 janvier 2013 – Photo AP/Rob van Eerden, ministère néerlandais de la défense, HO

Par Thomas Gaist, le 10 mai 2013

Des appels à la guerre contre la Syrie se sont élevés hier, en dépit d’une opposition populaire massive à la guerre aux USA, parmi des rapports indiquant que l’opposition islamiste soutenue par Washington qui combat le régime du président syrien Bachar al-Assad ont subi de lourds revers.

Se prononçant sur NBC News hier, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pressé Washington d’engager une action militaire à l’encontre de la Syrie.

Il a réitéré des allégations non circonstanciées sur l’usage par le régime d’Assad d’armes chimiques qui ont été réfutées par l’enquêteur de l’ONU Carla del Ponte, affirmant: « Il est clair que le régime a utilisé des armes et des missiles chimiques. » Déclarant qu’une « ligne rouge » avait été franchie, il a dit: « Nous voulons que les USA assument leurs responsabilités et engagent de nouvelles actions. Et du genre d’action qu’ils vont prendre, nous allons en parler. »

Erdogan a balayé d’un revers de la main les rapports disant que les armes chimiques utilisées en Syrie le sont en fait par l’opposition appuyée par les USA.

Il a souligné le fait que son gouvernement soutiendrait l’imposition par les USA d’une « zone d’interdiction aérienne » en Syrie, ce qui impliquerait la destruction des défenses aériennes syriennes et de tout avion syrien prenant son envol.

Les appels d’Erdogan pour une action militaire ont trouvé leur écho dans la presse états-unienne. L’éditorial du Washington Post plaidait pour « une campagne aérienne avec des armes pour l’opposition modérée » visant à « rapidement faire basculer la balance contre le régime d’Assad. » Le pigiste du Wall Street Journal Bret Stephens fit la proposition d’une longue liste d’attaques contre Assad, y compris l’envoi de troupes US au sol: « Démolissez les pistes d’envol des bases aériennes syriennes, y compris celles de l’aéroport international de Damas… Servez-vous d’actifs navals pour imposer une zone d’interdiction aérienne sur l’ouest de la Syrie… Fournissez l’Armée Syrienne Libre en équipements militaires lourds, dont des VABs et des chars légers; et soyez prêts à saisir et emmener le stock syrien d’armes chimiques, même si cela implique de mettre des troupes (temporairement) sur le sol. »

Les appels à la guerre arrivent parmi des rapports de revers majeurs en Syrie pour l’opposition soutenue par Washington, reflétant ses faibles effectifs et manque de soutien populaire, et une assistance militaire croissante venant de la Russie, de l’Iran et du Liban en faveur du régime d’Assad.

Après deux mois de bombardement lourd, les forces gouvernementales ont repris la ville stratégique de Khirbet Ghazaleh aux « rebelles », ouvrant à nouveau la circulation sur les routes menant à Deraa, la ville d’où les manifestations initiales de contestation avaient commencé il y a deux ans. Les leaders de l’opposition l’ont reconnu comme étant un revers majeur. « Demain viendra la grande tragédie, la voie d’approvisionnement du régime vers Deraa sera ré-ouverte, et les officiers y retourneront et les munitions seront à nouveau acheminées et les bombardements recommenceront, » a dit Abou Yacoub, commandant de la brigade des Martyrs de Khirbet Ghazaleh.

Hier, le chef du bureau de la BBC au Moyen-Orient Paul Danahar écrivit que l’Armée Syrienne Libre (ASL) ne se résumait à guère plus qu’à « des hommes avec des fusils », unis seulement par le fait qu’ils « pointent tous leurs fusils dans la même direction. » Il a dit que l’ASL n’est pas une « force cohérente » et qu’elle manque de « structure de commandement ».

Un article du Jerusalem Post du 3 mai intitulé « Assad gagne-t-il en Syrie? » décrit la défaite des milices de l’opposition autour de Qusayr par des forces du Hezbollah, ainsi que la capture d’Otaiba par les forces d’Assad la semaine dernière, en indiquant la force croissante d’Assad vis-à-vis des forces par procuration US. Selon l’article, « le moral parmi les soutiens au régime s’est nettement amélioré ces dernières semaines. » En concluant, « Assad ne montre pas de signe qu’il craque ».

Sous ces conditions, les alliés d’Assad augmentent leurs livraisons militaires à Damas. Le gouvernement russe a annoncé des projets de vente de systèmes de missiles sol-air S-300 à la Syrie, dans un contrat de $900 millions qui renforcerait considérablement la capacité du régime à se défendre contre des raids aériens états-uniens et israéliens.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry a critiqué la vente comme « déstabilisante », et le gouvernement israélien a appelé la Russie à interrompre la transaction. L’achat par la Syrie survient après des raids aériens israéliens qui utilisèrent des missiles à longue portée pour attaquer Damas d’au-delà des frontières de la Syrie.

Jeudi, l’Iran a promis de répondre aux raids israéliens avec « des coups sous la ceinture à plusieurs endroits. » L’envoyé iranien en Syrie, Ali Akbar Salehi, a promis « un soutien total et illimité de la part de l’Iran, politiquement, militairement, et économiquement envers la direction syrienne et le peuple syrien, contre les takfiris (forces extrémistes sunnites type al-Qaeda), les terroristes, Israël, les USA, et tous ceux qui osent s’en prendre à ce pays. »

Egalement jeudi, le chef du Hezbollah Sheikh Hassan Nasrallah fit l’annonce que la Syrie fournirait à sa milice « des armes spéciales comme jamais auparavant », disant que cette décision était de nature à « changer la donne ». Les armes sont apparemment en cours de transfert en réponse aux raids israéliens sur Damas. « Ceci est la réaction stratégique syrienne, » expliqua-t-il.

Ces livraisons mettent en exergue les larges conséquences régionales de la guerre par procuration que Washington a mené contre le régime syrien, comptant prioritairement sur des forces islamistes liées à al-Qaeda, et le risque qu’une guerre US en Syrie ne mène à une escalade vers un conflit régional voire même global.

Il y a une grande opposition dans la classe laborieuse envers la poussée US vers une guerre en Syrie supervisée par le président Barack Obama et le parti démocrate. Un sondage récent chiffrait à 62% le taux d’opposition à la guerre parmi la population états-unienne.

Le conflit a déjà causé un bilan atroce au peuple syrien. Au cours des derniers mois, le nombre de Syriens déplacés de leurs domiciles par la guerre a augmenté, passant de 2 millions de personnes à 4,5 millions de personnes. Un total de 6,8 millions de Syriens, comprenant 3,1 millions d’enfants, sont considérés comme étant « en besoin urgent d’assistance humanitaire » par le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU (OCHA).

Des officiels jordaniens ont déclaré que les réfugiés syriens composent maintenant 10% de la population syrienne, avec ce chiffre programmé pour exploser à 40% d’ici mi-2014, avec la tendance actuelle.

L’intensification des opérations militaires US contre la Syrie est accompagnée d’efforts diplomatiques pour installer un gouvernement post-Assad qui convienne à l’impérialisme US. Le secrétaire d’état John Kerry a cherché un accord avec la Russie, ce qui ouvrirait la voie vers un arrangement de partage du pouvoir.

Il a dit,

Les différentes options qui ont été proposées pour une espèce d’interventionette depuis les franges du conflit – zones d’interdiction aériennes, le bombardement de Damas et d’autres – ne feraient qu’empirer la situation. Aucune des propositions n’aboutirait à une solution stratégiquement favorable aux USA. Au contraire, ils produiraient un glissement plus complexe et indéfini vers le pire scénario. La seule solution est de chercher le soutien de la Russie et de la Chine pour des élections appuyées par l’ONU pour lesquelles, avec de la chance, Assad pourrait être « convaincu » de ne pas prendre part.

Sur cette ligne, David Ignatius du Washington Post évoqua « un gouvernement militaire de transition » qui inclurait « des éléments réconciliables de l’armée d’Assad », sous le commandement du général soutenu par les USA Salim Idriss, un défecteur qui commande maintenant les forces d’opposition syriennes.

Concrètement, les officiels US espèrent que dans un contexte de négociations organisées conjointement avec le gouvernement russe, ils puissent persuader des officiers syriens de monter un putsch pour virer Assad, et ensuite trouver un accord avec l’opposition soutenue par les USA. Leur plan comporte une nouvelle coalition dirigeante composée d’éléments de l’opposition comme du régime, décrits par Ignatius comme un « gouvernement militaire de transition qui inclurait des éléments réconciliables de l’armée d’Assad. » Assad serait déchu, bien que des membres subalternes de son gouvernement puissent rester.

Source: http://www.globalresearch.ca/us-prepares-war-with-syria-as-washington-backed-al-qaeda-rebels-lose-ground/5334587



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