Syrie: la brigade de l’ASL à Homs coupable d’inhumaines atrocités

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Cette image tirée d’une vidéo semble montrer un homme mutilant un cadavre

 

Le 13 mai 2013

Human Rights Watch est en réception de preuves vidéographiques semblant mettre en image un commandant du groupement de l’opposition syrienne « Omar el-Farouq Indépendant » s’affairant à mutiler le cadavre d’un combattant pro-gouvernemental. Le personnage visible et audible de la vidéo découpe le cœur et le foie hors du corps en proférant des paroles sectaires à l’encontre des Alaouïtes. La même brigade était responsable des bombardements aveugles transfrontaliers des villages libanais chiites de al-Qasr et de Hawsh al-Sayyed.

L’appointance avérée de la brigade Omar el-Farouq à l’infrastructure de l’armée syrienne libre (ASL) n’a pas été déterminée. Mais la Coalition Nationale Syrienne et la direction de l’ASL auraient tout intérêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre les coupables de crimes de guerre justiciables et à prévenir de tels abus de la part de leurs subordonnés. Tout groupement en ayant le pouvoir devrait avoir à cœur d’empêcher que des armes parviennent à cette brigade. Human Rights Watch a réitéré son appel au Conseil de Sécurité des Nations Unies à référer la situation syrienne à la Cour Pénale Internationale (CPI) afin de garantir la responsabilité des crimes de guerre et contre l’humanité commis.

« Une manière de stopper les horreurs syriennes, des décapitations aux mutilations par les exécutions, est de priver tous les belligérants de leurs notions d’impunité, » a dit Nadim Houry, directeur adjoint pour le Moyen-Orient de Human Rights Watch. « Ces atrocités sont choquantes tout comme l’est la réticence de certains membres du Conseil de Sécurité, qui ne soutiennent toujours pas une délégation de droits à la cour de La Haye pour le compte de toutes les parties en présence. »

Dans la vidéo obtenue par Human Rights Watch, un homme identifié par celui qui filme comme étant Abu Sakkar se fait filmer incisant le thorax d’un combattant en uniforme mort, extrayant le cœur et le foie du cadavre. L’individu qui filme l’incident fait alors le commentaire, alors que « Abu Sakkar » découpe le foie du cadavre: « Dieu te bénisse, Abu Sakkar, tu lui découpes comme un cœur d’amour. » Après qu’Abu Sakkar a fini le découpage du cœur et du foie de ce cadavre, il se fait filmer tenant dans ses mains le cœur et le foie tout en disant à la caméra vidéo:

Je jure devant Dieu, soldats de Bachar espèces de chiens – nous mangerons vos cœurs et vos foies! Takbir! Dieu est grand! Ô mes héros de Baba Amr, vous massacrez les Alaouïtes et en sortaient les cœurs à manger!

À la fin de la vidéo, après cette déclaration, l’homme nommé Abu Sakkar se fait filmer mettant le cœur du cadavre dans sa bouche, comme s’il en mangeait une bouchée. Du fait de la nature hautement graphique et dérangeante de la vidéo, Human Ribghts Watch a pris la décision de ne pas publier publiquement ce métrage, bien qu’une version floutée et éditée en soit disponible sur Internet.

En comparant des images de la vidéo montrant la mutilation à d’autres vidéos semblant témoigner de la participation du même homme au bombardement sans cible répertoriée de villages chiites et d’échanges verbaux sur des combattants morts du Hezbollah, Human Rights Watch en parvient à la conclusion que l’individu visible dans cette vidéo est le commandant Abu Sakkar. Des journalistes et d’autres commandants ont attesté qu’Abu Sakkar est le « nom de guerre » d’un ancien commandant de la brigade régulière al-Farouq du quartier de Baba Amr à Homs, en Syrie.

Quatre journalistes internationaux ont dit à Human Rights Watch qu’ils l’ont rencontré pendant ou après la bataille de Homs en 2011 et 2012. Plusieurs autres vidéos postées par la brigade indépendante d’al-Farouq montrent aussi l’homme connu sous le nom d’Abu Sakkar, portant la même veste que dans la vidéo de mutilation, chargeant des roquettes dans un lance-roquettes improvisé peu avant de les tirer vers le Liban et les villages chiites de la vallée de la Beka’a. Dans une autre vidéo, Abu Sakkar apparaît avec ce qu’il clame être les corps de combattants du Hezbollah tués dans la ville de al-Qusayr. TIME Magazine a publié le 13 mai que deux de ses reporters avaient vu la vidéo de mutilation en avril en présence de maints suivants d’Abu Sakkar, combattants et supporters dont son frère, et qui leur ont tous affirmé que la vidéo est authentique.

Les lois de la guerre prohibent toute mutilation de cadavres. Ainsi que l’étude du Comité International de la Croix Rouge sur la loi humanitaire internationale coutumière le définit, cette règle requiert que « toutes les parties en conflit doivent prendre toutes les mesures envisageables pour empêcher le viol des dépouilles. » Selon les statuts de Rome de la CPI, « l’outrage à la dignité personnelle » est un crime de guerre, ce qui inclut l’humiliation, l’avilissement, ou toute autre violation de la dignité d’un corps humain.

Selon son site web, la brigade indépendante d’Omar al-Farouq fut fondée en octobre 2012 par le ralliement de plusieurs combattants issu de plusieurs bataillons du voisinage de Baba Amr à Homs, et par celui de zones rurales du sud de Homs. La nature des liens unissant la brigade indépendante d’Omar el-Farouq aux principales composantes de l’opposition armée syrienne demeure imprécise. Sur son site web, le nom « d’armée syrienne libre » apparaît en-dessous de celui de la brigade indépendante d’Omar el-Farouq.

Le district de Baba Amr à Homs a été une place forte de bonne heure pour les combattants armés opposés au président Bachar al-Assad, et a été la cible d’une contre-offensive brutale de la part de l’armée régulière syrienne à partir de février 2012. L’armée syrienne soumit Baba Amr et d’autres quartiers tenus par les rebelles à Homs à un bombardement aveugle jusqu’à ce que l’armée syrienne parvienne à regagner le contrôle de Baba Amr au début de mars 2012. Les combats ont dévasté le district de Baba Amr. Des sources locales ont rapporté à l’époque à Human Rights Watch que l’offensive de l’armée contre Homs en février avait tué approximativement 700 civils et en avaient tué des milliers.

Suite aux questions sur la vidéo, le général Salim Idriss, chef d’état-major du Conseil Militaire Suprême de l’opposition, annonça à Time Magazine que de telles « violences sont inacceptables, et pas un seul des soldats sous le commandement du Conseil ne pourrait s’en tirer face à de tels actes. » Ceci dit, les forces de l’opposition n’ont pas mis en place les mécanismes appropriés pour la responsabilité face aux abus commis par leurs membres.

« Il ne suffit pas à l’opposition syrienne de condamner de tels comportements ou d’en porter le blâme à des violences venant du gouvernement, » a dit Houry.  » Les forces de l’opposition doivent agir fermement pour faire cesser de tels abus. »

Source: http://www.hrw.org/news/2013/05/13/syria-brigade-fighting-homs-implicated-atrocities



Catégories :International

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