Vie publique, Vie privée, tracker mediapart, toussa….

rha_20100922_dpiNon non il ne s’agit pas là d’une référence à l’émission de Mireille Dumas mais bien d’une réflexion dans la prolongement de notre page « Protégez votre vie privée ». Si on entend régulièrement parler de la notion de vie privée, notament en ce qui concerne Internet, il semble que la limite entre vie publique et vie privée soit de plus en plus floue.

A l’heure où se mettent en place des dispositifs de plus en plus intrusifs en la matière, que ce soit dans des logiciels de communication utilisés au quotidien par les internautes, ou par le développement de systèmes automatisés de surveillance tels que INDECT, on aimerait faire croire que le droit à la vie privée n’existe plus en dehors des chaumières, c’est-à-dire dans la rue ou sur la toile. Ces derniers mois, de nombreux exemples de politiciens exposant des éléments de leur vie privée à la presse en atteste.

Pourtant, le droit à la vie privée ne couvre pas uniquement les événements relatifs à la vie personnelle. C’est aussi une composante essentielle de valeurs telles que la liberté d’opinion et d’expression ou plutôt la condition sine quae non à leur mise en oeuvre.

Il existe des cas notamment où l’absence de garanties en matière de vie privée, est un frein aux initiatives dans le cadre public, ou, quand elle ne l’est pas, peut se révéler lourde de conséquences pour celui qui est à l’origine de ces actions.

De nombreuses illustrations de ce phénomène ont eu lieu ces dernières années lors du partage d’opinions personnelles sur l’Internet public. http://fr.rsf.org/vietnam-confirmation-de-lourdes-peines-de-28-12-2012,43846.html

Nous ne sommes pas toujours libres d’écrire comme on pense, en particulier sur des sujets sensibles. Nombreux sont les blogueurs et internautes qui en ont fait les frais. http://www.sudouest.fr/2012/12/14/natais-et-ses-salaries-en-justice-908717-2277.php

Dans le cas présent, c’est l’adresse IP des anciens employés qui avait permis de retrouver les personnes inquiétées. Rappelons que la loi française impose à tout site Internet hébergé sur des serveurs situés sur le territoire d’enregistrer les historiques de connexion pendant une durée d’un an.

 justicehammerAussi, sur Internet, au delà des traces que vous laissez en surfant, « vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant un tribunal ». Cette citation qui rythme bon nombre de séries policières américaines peut sembler incongrue. Pourtant, le regard de la justice et des gouvernants a l’égard d’Internet a bien évolué en ce sens ; celui des employeurs aussi.

 Les media relaient régulièrement des affaires sordides de diffamation contre des employeurs, des personnalités et même parfois contre des membres d’une même famille.

Les avancées technologiques, ou plus exactement les usages qui sont faits de celles-ci fragilisent le caractère privé de notre quotidien. C’est particulièrement vrai lorsque nos opinions et sensibilités entrent en jeu et bien davantage encore lorsque celles-ci sont en contradiction avec les intérêts d’autrui.

Les entreprises notamment explorent des pans entiers de vie privée de leurs futurs embauchés, ceux-ci laissant trainer bon nombre d’information les concernants, ça et là, au détour de quelques réseaux sociaux.

Au délà de ça, elles sont très attachées à se maintenir une image honorable auprès du public, quand bien même elles ne le seraient pas.

 bloodyamesys

Ainsi la société Qosmos, après avoir travaillé pour Amesys au Deep Packet Inspection lybien (usage de la surveillance sur la population à des fins répressives – pesons nos mots) ; n’a pas hésité à licencier pour faute lourde un de ses employés lorsque celui-ci a posté des commentaires sur un article de presse concernant l’affaire : « un manquement à [son] obligation de loyauté« .

Si dans le cas présent jamesinparis a révélé son identité par le simple fait d’intégrer une photo de lui sur son profil et de s’être présenté comme responsable de la documentation technique des produits développés par Qosmos pour Amesys sur le site de mediapart, il existe des moyens de protéger son identité pour communiquer anonymement des opinions ou informations sensibles.

Les journalistes, par exemple, feraient bien de se renseigner sur ces sujets, particulièrement lorsqu’ils exposent leurs sources à des risques importants.

C’est d’ailleurs le cas de mediapart qui conseille sur sa plateforme de collecte de leaks https://secure.frenchleaks.fr/ de téléverser des documents confidentiels depuis sa connexion Internet personnelle. Cette plateforme étant soit dit en passant hébergée par une filiale d’Iliad (maison mère de Free) : https://www.frenchleaks.fr/CGU.html.

Là où on pourrait conseiller :

  • de purger les documents envoyés de toute métadonnée
  • le chiffrement des documents et/ou de la communication
  • l’utilisation de TOR (ou d’un vpn fiable)
  • ou encore un effacement complexe des documents après envoi sur les disques où ils ont été stockés,

Mediapart conseille l’envoi des documents via une connexion qui peut mener sans peine à l’identité réelle de leur source, sur des serveurs qui sont tenus de logguer les connexions (comme nous l’évoquions plus haut).

Notons également la présence d’un tracker AT Internet sur la page d’accueil du site.

frleaks

Cependant, même si l’hébergement choisi et l’absence de réels conseils de sécurité laissent à désirer, Mediapart garantit le respect sans condition de ces sources dans le cadre de la protection des sources journalistiques. Nous espérons que ce sera réellement le cas si les autorités démarrent une enquête et que ces dernières ne demanderont pas les logs des serveurs de l’hébergeur… Car dans ce cas, les sources ne seront pas protégées. De quoi acquérir une certaine notoriété publique ainsi que de jolis ennuis dans sa vie personnelle…

https://intervieprivee.wordpress.com/2013/05/01/public-prive-mediapart-toussa/



Catégories :Internet

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2 réponses

  1. Et bien il était temps qu’ils s’en préoccupent !

    Heureusement qu’un simple VPN suffit pour contrer cela…

    Cela peut déjouer les outils de tracking mis en place abusivement sur certains sites afin de modifier les prix proposés. Idem pour BitTorrent Moi j’ai choisi le mien avec ce comparo http://www.undernews.fr/comparatifs-vpn et depuis j’utilise le VPN Hidemyass régulièrement dès que j’en ai besoin.

    Durant la période de Noël, Hadopi a envoyé plusieurs dizaines de milliers de lettres d’avertissement, faites gaffe en téléchargeant via P2P 😉

    Pensez-y, c’est simple et efficace !

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