Brésil – subversion: Quelques éléments de réflexion et d’analyse pour le lectorat français

Demonstrators march during one of the many protests around Brazil's major cities in BelemPar DanielB, le 21 juin 2013

Étant en train de préparer un article pour un site ami, je ne ferai pas d’analyses. Le lecteur pourra éventuellement se reporter au journal Le Monde qui a fait preuve d’un peu d’honnêteté intellectuelle en parlant de « gens aisés » (qui défilent dans les rues). Je présenterai juste quelques éléments de réflexion pour le public francophone. Ces éléments ne constituent pas LA réalité mais certains aspects de la réalité de ce  mouvement que je pense utiles de mettre à la connaissance du public.

Le jeune « basané » qui braille sur la photo ci-dessous à côté du jeune masqué « contre le système » porte un T-shirt Misfits et une casquette NY Yankees. Le prix du T-shirt est de R$ 35 (35 réaux) et le prix de la casquette est de R$ 80, soit un total de R$ 115. À Saõ Paulo le salaire minimum est de R$ 755, le T-shirt et la casquette représentent 15% du salaire minimum soit l’équivalent français de 200 €! Il faut y rajouter le blouson, le pantalon et les chaussures qui doivent se trouver dans la même gamme de qualité et l’on arrive facilement à 30 voire 40% du salaire mensuel minimum.À titre de comparaison, 50 voyages en bus/métro (avec correspondances) mensuels à R$ 3 représentent une charge de R$ 150. Sur la deuxième photo prise à Rio, le T-shirt vert A-FITCH peut être évalué à lui seul à R$ 115.

Contrairement à ce que laisserait croire ce reportage de la chaîne de propagande du Quai d’Orsay France 24, le smartphone – outil indispensable à la mobilisation citoyenne ©™ – reste un produit réservé à des personnes disposant d’un pouvoir d’achat substantiel, même acheté avec des mensualités. Le prix d’un smartphone (je ne parle pas des iPhones qui peuvent atteindre R$ 1700) oscille entre R$ 590 (75% du salaire minimum soit 1050€ de pouvoir d’achat équivalant français) et R$ 1290 (170% du salaire minimum soit 2380€ de pouvoir d’achat équivalant français).

Comme toujours les grandes causes reçoivent le soutien des grands intellectuels! À Moscou le « cercle de Moscou » par la bourgeoisie moscovite a vu le soutien de Xenia Sobtchak. Au Brésil ce sont les vedettes des telenovelas qui défendent les opprimés descendus dans les rues brésiliennes!

Toujours un aspect qui est éludé, le caractère racial, au-delà du caractère de classe, de ces manifestations. Photos de manifestations prises à Salvador de Bahia, l’une des villes les plus « noires » du Brésil!

Enfin les barbouzeries que l’on trouve dans ces événements: la police de la ville de Porto-Alegre a appréhendé un groupe anarchiste qui possédait les données de tous les organes de sécurité de la ville et le matériel pour des graffitis subversifspixos – et pour préparer des cocktails Molotov.

L’organe de propagande du Quai d’Orsay France 24 restant silencieux sur ce point, montrant même des fleurs guerre-du-Vietnamiennes, il est bon de signaler que des casseurs se sont attaqués jeudi soir au palais de l’Itamaraty, siège du MAE brésilien. Des vitres ont été brisées et un début d’incendie a eu lieu. Le palais de l’Itamaraty, plateforme de projection de la diplomatie brésilienne qui se décline dans l’organisation de cette Coupe des Confédérations et dans la Coupe du Monde contestées par les manifestants, a été sauvegardé par l’intervention de fusiliers-marins. C’est une nouvelle militarisation de la sécurité des centres du pouvoir à Brasilia. À titre d’information, Brasilia possède le transports en commun les moins chers du Brésil mais c’est la ville qui a connu les manifestations les plus violentes contre les institutions fédérales (Congrès, Itamaraty, tentative avortée contre le Planalto) et même la cathédrale.

La diaspora brésilienne en Israël appelle à la démission de la présidence de Dilma Roussef. On s’étonne de pouvoir encore s’étonner! Les expatriés brésiliens ont voté en majorité pour José Serra à Tel Aviv (d’où le jeu de mots sur la pancarte) et pour Dilma Roussef à Ramallah, en Cisjordanie.

Source: http://zebrastationpolaire.over-blog.com/article-bresil-subversion-quelques-elements-de-reflexion-et-d-analyse-pour-le-lectorat-fran-ais-118643255.html

 

 



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9 réponses

  1. En parlant de nounours, faites attention, il y en a deux en liberté.
    Liberté pour les ours! Et les loups! Et les moutons noirs!
    Ah zut. C’est pas le bon.
    Autant pour moi.
    Et puis Nounours c’est mon enfance.
    Alors, touche pas mon nounours!
    Et dire que je parle avec un pirate qui a mangé un fruit du démon. Le démon nommé Ruquier, sûrement… 🙂 🙂 🙂

  2. Le problème numéro un est le mundial, et ce qui en découle. Pourquoi un proprio d’une baraque s’emmerderait à la louer une misére à un quidam brésilien, alors qu’il pourrait la louer à prix d’or à un touriste rempli de crème solaire et qui sirote un bon soda américain?

    Le probléme est là. Et ceux qui pensent que tout rentrera dans l’ordre aprés le mondial et les JO, se mettent le doigt dans l’oeil. Mais en général se sont les mêmes qui croient que les entreprises ré-embaucheront les salariés qu’elles ont licenciées, quand la relance reviendra sauver le bon peuple de France – et d’Europe – qui se tue au travail, oui-ma-pôvre-dame.

    C’est beau la crédulité…

  3. A vous lire, on pourrait presque croire que les gens de classes moyennes voir aisées n’auraient pas leur place dans des manifestations au côté des plus pauvres. Ces personnes ne militent pas seulement pour faire baisser le prix du transport, mais aussi et surtout pour exprimer leur mécontentement vis à vis de dépenses astronomiques afin d’accueillir le mondial de foot et plus tard des JO d’où l’inflation proportionnelle de leur niveau de vie à tous. On peut comprendre qu’eux aussi manifestent pour leur pouvoir d’achat! Devrait-on considérer les revendications des populations en développement infondée comme si nous peuple de la vieille Europe en détenions le monopole?

    • Cet article est surtout un commentaire, un cliché pris des manifestants actuellement dans les rues au Brésil; les « classes défavorisées » sont encore plus à plaindre que les classes moyennes vis-à-vis du Mundial, puisque beaucoup de favelas vont être rasées sans réel plan de relogement de leurs habitants…
      Nous n’avons, en Europe, aucun monopole sur quoique ce soit! D’ailleurs les gens ne sortent dans les rues en France que pour des raisons similaires de perte de pouvoir d’achat. Mais personne ne défile pour soutenir les sans-abris!
      Du coup, cet article sert surtout à démontrer que ce mouvement brésilien n’est PAS un mouvement des basses classes du pays 😉

  4. Merci pour la mise en ligne de cet article.

    Je me demande si il existe encore des manifestations qui ne soient pas pilotées de l’extérieur.

    Et je me demande aussi ce qui se passerait si des « vrais » manifestants venaient à descendre dans la rue un peu partout dans le monde…

    Hin hin hin, cela pourrait être intéressant, isn’t it?

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