PRISM : Au moins 7 pays européens auraient des accords avec la NSA

Capture-d’écran-2013-06-30-à-11.21.59Un article publié sur le Guardian, puis retiré ensuite au motif d’un complément d’investigation, fait état de ce ce témoignage, étrangement proche de ce que nous vous racontons ici depuis le début des révélations de Edward Snowden. Certes, puisque le Guardian l’a retiré, les révélations sont sujettes à caution. Mais vu la posture actuelle de Berlin, on sent qu’on n’est pas spécialement loin d’une minicrise diplomatique de circonstance, parfaitement ridicule, qui n’est là que pour faire diversion. Le Guardian aurait-il été rappelé à l’ordre par les autorités britanniques pour ne pas jeter de l’huile sur le feu ou nous prépare t-il au contraire une réponse du berger à la bergère à Angela Merkel ?

Vous le savez, Internet n’est que la plus grosse machine à copier du monde. L’article du Guardian est donc disponible sur Pastebin et de toutes façons j’en conserve également une copie (txt).

Et ces nouvelles révélations de Wayne Madsen, un ancien officier de la NAVY qui a travaillé pour la NSA pendant 12 ans, confirme 4 pays que nous vous avions par ailleurs cité comme impliqués dans la surveillance de masse, et plus ou moins directement liés au programme global des autorités américaines. Selon Wayne Madsen, on parle en fait de 7 pays européens qui auraient des accords secrets avec les USA sur des questions de SIGINT (le renseignement de source électromagnétique) :

  • Le Royaume-Unis
  • L’Allemagne
  • Les Pays-Bas
  • La France
  • Le Danemark
  • L’Italie
  • L’Espagne

Tout de suite, on comprend mieux que les politiques européens jouent les vierges effarouchées, et que Fleur Pellerin minimise à ce point PRISM et surtout tout les programmes qu’il y a autour que tout ça est en ligne sur Reflets depuis une bonne semaine dans la quasi indifférence des médias français. Y aurait-il un embargo de la presse sur les questions que nous n’avons de cesse de marteler ?… Nous allons y revenir. Continuons dans les révélations de Wayne Madsen.

L’article du Guardian fait dans un premier temps état de documents déclassifiés (publiés par la DISA) où les USA classent les états par degré de confiance qu’ils leur accorde. Une confiance de niveau 1 est accordée aux pays qui ont rejoint de l’UKUSA : Le Royaume-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Une confiance de niveau 2 est accordée à l’Allemagne et à la France. Outre que l’on ne peut que se réjouir des bonnes relations que nous avons avec nos amis américains, on parle quand même ici d’un degré de confiance dans le cadre de programmes internationaux de SIGINT et de surveillance de masse.

Under international intelligence agreements, confirmed by declassified documents, nations are categorised by the US according to their trust level. The US is first party while the UK, Canada, Australia and New Zealand enjoy second party relationships. Germany and France have third party relationships.

Madsen explique que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les USA se taillent la part du lion tendis que les « Third Parties », la France et l’Allemagne accèdent à des renseignements grandement épurés de leur contenu.

D’où Madsen de dénoncer vivement ce que nous dénoncions ici, à savoir l’hypocrisie crasse des politiquesavec en tête de ligne, Angela Merkel qui se paye clairement la tête du monde quand elle demande énergiquement des explications  aux USA et qu’elle s’en prend de manière sèche aux britanniques.

Madsen said he was alarmed at the « sanctimonious outcry » of political leaders who were « feigning shock » about the spying operations while staying silent about their own arrangements with the US, and was particularly concerned that senior German politicians had accused the UK of spying when their country had a similar third-party deal with the NSA.
(…)
« I can’t understand how Angela Merkel can keep a straight face, demanding assurances from [Barack] Obama and the UK while Germany has entered into those exact relationships, » Madsen said.

Quand Der Spiegel explique que les institutions européennes sont espionnées en profondeur, ça pose un peu problème, certes, mais il faut se demander qui a fait entrer le loup dans la bergerie…

Nous vous disions aussi qu’étrangement, la France, on ne l’entend pas trop à ce sujet, ou quand on l’entend c’est parce que la CNIL a créé un groupe de travail. Vous noterez au passage que ce n’est pas la DCRI qui se retrouve saisie par un juge pour enquêter… non, au lieu de ça, contre toute logique, nous avons un groupe de travail de la CNIL… (NDLR : « n’a peur la NSA » ).

Un peu plus loin Madsen confirme encore une fois ce que nous pointons du doigt depuis presque deux ans maintenant et dont nous vous reparlions encore, peu avant les révélations de Edward Snowden : l’espionnage des câbles sous-marins, et en toile de fond : les écoutes « décentralisées », hors de nos frontières. Là où ça devient embêtant, c’est quand Madsen déclare que ces 7 pays donnent gentiment leur consentement pour que les USA : interceptent une masse de données énorme, portant sur des appels téléphoniques, des emails, et les simples visites sur des sites web (bref, tout le trafic), sur 14 câbles sous marins :

Madsen said all seven European countries and the US have access to the Tat 14 fibre-optic cable network running between Denmark and Germany, the Netherlands, France, the UK and the US, allowing them to intercept vast amounts of data, including phone calls, emails and records of users’ access to websites.

Et le problème n’est pas nouveau. Le SIGINT a connu ses plus belles heures pendant la guerre froide et est aujourd’hui devenu avec Internet un enjeu stratégique de premier plan. En 2001, la commission européenne s’était déjà questionnée sur Echelon mais ces accords avec la NSA sont restés secrets, et donc, passés sous silence. Vu l’implication direct de 7 pays européens, on comprend bien pourquoi.

The covert relationship between the countries was first outlined in a 2001 report by the European parliament, but their explicit connection with the NSA was not publicised until Madsen decided to speak out.
(…)
« A lot of this information isn’t secret, nor is it new, » Madsen said. « It’s just that governments have chosen to keep the public in the dark about it. The days when they could get away with a conspiracy of silence are over. »

Maintenant que l’on commence à avoir une idée un peu plus précise de la portée de PRISM et de ce sport pratiqué par nos « grandes démocraties » qu’est l’interception de masse et la surveillance à grande échelle de toutes nos communications, il va falloir que nos politiques s’expliquent… et pas Fleur Pellerin dont ce n’est pas le rôle, mais des explications du Ministère de la Défense Nationale (on peut rêver), du Quai d’Orsay ou de la place Beauvau pourraient probablement nous apporter un éclairage plus sérieux que les gogogadgétocloudsouverain® ou les onsavépa® qui ne trompent personne de Fleur Pellerin.

Source : http://news360x.fr/prism-au-moins-7-pays-europeens-auraient-des-accords-avec-la-nsa/



Catégories :International, Internet

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