L’Union Européenne ajoute le Hezbollah à la liste des organisations terroristes

zionisteuPar James Kanter et Jodi Rudoren, le 22 juillet 2013

BRUXELLES – L’Union Européenne a ajouté lundi l’aile militaire du Hezbollah, le groupe militant chiite libanais, à une liste d’organisations terroristes, un changement de politique qui a été accueilli chaleureusement par les États-Unis et Israël malgré des questions sur ses effets dans leur ensemble.

Il est attendu que les sanctions qui l’accompagnent incluent des gels de biens et de possibles interdictions de voyager pour quelques individus, ce qui pourrait initialement ne représenter guère plus qu’un peu de gêne politique pour le Hezbollah. Mais quelques experts sur les sanctions ont dit que le changement de politique établit un précédent qui pourrait compromettre les opérations de financement du Hezbollah.

L’Europe a été une source importante de financement pour le Hezbollah, le plus puissant parti politique du Liban qui a été impliqué dans des attaques sur les Israéliens à l’étranger, maintient un arsenal de roquettes orienté vers Israël et est venu en aide au gouvernement syrien dans ses efforts pour écraser un soulèvement qui en est à sa troisième année.

Le changement dans la politique envers le Hezbollah, annoncé par les ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne lors d’une réunion à Bruxelles, vient alors que les USA cherchent à engager un nouveau round de discussions dans le processus de paix au Moyen-Orient qui pourrait commencer d’ici une semaine.

Le changement a également pour effet d’amener l’Union Européenne davantage en ligne avec l’approche états-unienne de la région, après que l’Union Européenne ait soulevé les foudres d’Israël la semaine dernière en lui infligeant des sanctions financières afin d’inciter les Israéliens à résoudre leur conflit avec les Palestiniens.

« Il est bon que l’UE ait décidé d’appeler le Hezbollah pour ce qu’il est: une organisation terroriste, », a dit dans une déclaration Frans Timmermans, le ministre des affaires étrangères néerlandais. Il a ajouté que ce geste aurait pour effet de « limiter sa capacité à agir ».

Des diplomates européens ont dit que les experts gouvernementaux auraient besoin d’une journée ou plus pour s’accorder sur le phrasé nécessaire à la punition contre l’aile militaire du Hezbollah uniquement mais pas ses autres opérations, qui gèrent des écoles, des cliniques, des hôpitaux et des activités de récolte de fonds à des fins humanitaires.

Il faut s’attendre à ce que cette déclaration affirme que les autorités de l’Union maintiendront le contact avec tous les partis politiques au Liban, y compris le Hezbollah, et que des « transferts financiers légaux » vers le Liban peuvent se poursuivre, ont dit les diplomates.

Sur la question de l’efficacité des mesures, Catherine Ashton, le plus haut personnage officiel de l’Union pour la politique étrangère, a dit lors d’une conférence de presse, « bien sûr c’est en partie un signal politique ».

Se félicitant de cette décision, Jay Carney, le secrétaire aux médias de la Maison Blanche, a dit aux reporters que l’Union Européenne avait fait « un pas important » qui enverrait un « message fort au Hezbollah qu’il ne peut agir en toute impunité ».

L’application de la décision est compliquée par l’opaque voile de secret qui entoure les activités militaires du Hezbollah. Alors que les leaders politiques du groupe sont bien connus, ses combattants cachent leur affiliation, parfois même à leurs propres familles. L’identité des commandants militaires les plus gradés du groupe ne devient en général publique qu’après leur mort.

« Il y a quelques différences au sein du Hezbollah lui-même, » a dit William Hague, le ministre britannique des affaires étrangères aux reporters tout en quittant la réunion. « Ils disposent bien d’un conseil politique et d’un conseil militaire ou équivalant-militaire. » Mais, a-t-il ajouté, « cela ne veut pas dire que ce soit exactement la claire distinction qui puisse être faite. »

Le Hezbollah n’a pas fourni de réaction publique immédiate. Mais al-Manar, son réseau de télévision, a rapporté la décision comme un signe de la soumission de l’Union Européenne aux USA et à Israël, qui ont depuis longtemps listé le groupe comme organisation terroriste et pressé les membres de bloc européen à faire de même.

Le Premier Ministre israélien Benjamin Nétanyahou a accueilli le geste, tout en se faisant plus critique sur le fait qu’il soit dirigé uniquement contre l’aile militante du Hezbollah.

« En ce qui concerne l’État d’Israël, le Hezbollah est une seule organisation, dont les bras ne se distinguent pas les uns des autres, » a-t-il dit dans une déclaration. « J’espère que l’application de cette décision mènera à des résultats tangibles contre l’organisation. »

La Grande-Bretagne avait commencé à faire activement campagne pour la désignation après une attaque terroriste en Bulgarie il y a un an, qui avait tué cinq touristes israéliens et leur chauffeur bulgare, et la condamnation d’un agent du Hezbollah à Chypre pour avoir ourdi une attaque similaire.

La décision, qui nécessitait l’accord de tous les 28 états membres de l’Union Européenne, « démontre qu’aucune organisation ne peut commettre d’acte terroriste sur le sol européen, telle que l’horrible attaque en Bulgarie il y a un an, sans faire face aux conséquences, » a dit M. Hague. « Les nations européennes ont bien fait de se rassembler en réponse. »

LE soutien en faveur des sanctions a crû ces derniers mois en partie à cause de l’aide donnée par le Hezbolah au Président syrien Bachar al-Assad dans sa campagne militaire contre l’insurrection.

Pour rendre la décision possible, l’Irlande et l’Autriche ont fait partie des pays qui ont abandonné leur opposition. Les deux pays ont des soldats de maintien de la paix au Moyen-Orient qui patrouillent dans les zones de cessez-le-feu comme celles qui séparent Israël du Liban et de la Syrie.

Ces pays craignaient de déstabiliser le Liban en tapant fort sur des éléments militants forts comme le Hezbollah, et d’y éroder leur propre influence.

L’Italie redoutait également la décision parce qu’elle a déployé un nombre significatif de soldats de maintien de la paix au sud-Liban, et les diplomates européens ont dit que le pays a suivi la décision pour préserver l’unité de la politique étrangère du bloc européen.

Suite à la décision, M. Hague, le ministre des affaires étrangères britannique, a cherché à rassurer les autres pays membres que le soutien au Liban, y compris des versements importants d’aide, demeureraient intacts.

« La désignation n’affectera en rien la relation forte de l’UE et du Royaume-Uni avec et le soutien pour le Liban, » a dit M. Hague. « Le Royaume-Uni reste profondément attaché à la stabilité du Liban. »

Kamel Wazne, un analyste libanais et directeur du Center for American Strategic Studies (Centre pour les Études Stratégiques États-Uniennes, ndt), a dit qu’en ne désignant que l’aile militaire du Hezbollah, les Européens semblaient vouloir continuer le dialogue avec d’autres parties du groupe, dont des parlementaires et le Cabinet. Il doutait qu’une telle stratégie fonctionne.

« Ceci a peut-être clos une partie du dialogue parce qu’à mon avis le Hezbollah dira, ‘Nous n’avons pas d’aile militaire ou d’aile politique; nous avons un parti,’ « , a-t-il dit. « Cela va encore compliquer la situation. »

D’autres ont décrit l’action de l’Union Européenne comme un sérieux problème pour le Hezbollah, en partie parce qu’elle pourrait fournir aux USA une nouvelle base légale pour renforcer ses propres sanctions contre les activités commerciales et de levée de fonds du Hezbollah d’une façon qui pourrait pousser les Européens à faire la même chose.

Les sanctions renforcées de l’Union Européenne contre l’Iran, comprenant un boycott pétrolier, ont évolué de la même façon sous la pression états-unienne, a dit Mark Dubowitz, directeur exécutif de la Foundation for Defense of Democraties (Fondation pour la Défense des Démocraties, ndt), un groupe de pression de Washington qui soutient les sanctions.

« La désignation militaire d’aujourd’hui était un coup symbolique puissant, » a dit M. Dubowitz. « Ce n’était pas un coup mortel. Mais ça a certainement laissé une marque importante. »

Source: http://www.nytimes.com/2013/07/23/world/middleeast/european-union-adds-hezbollah-wing-to-terror-list.html



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