Du consumérisme

consumerismeLa société de consommation désigne un ordre social et économique fondé sur la création et la stimulation systématiques d’un désir d’acheter des biens de consommation et des services dans des quantités toujours plus importantes. Il s’agit d’un mode de consommation individualiste, dépendant du marché, quantitativement insatiable, envahissant, hédoniste, axé sur la nouveauté, faisant usage des symboles autant que des choses. Elle est destinée soit à montrer un statut social, un mode de vie ou une personnalité, soit à faire croire aux autres que l’on possède ce statut social, mode de vie ou personnalité. Elle est également un idéal politique pour contrôler les masses : en satisfaisant leurs désirs égoïstes, on les rend heureuse et par conséquent docile.

 Voici ce qu’elle donne en pratique :

Le repas traditionnel de Thanksgiving, qui a lieu le quatrième jeudi de novembre aux États-Unis, est suivi du Black Friday (« vendredi noir »). Cet « événement », censé lancer la période des achats de fin d’année, est mis à profit par les différentes enseignes commerciales, qui proposent des soldes importants. C’est aussi chaque année l’occasion de constater la terrible décadence induite par la société de consommation.

La vidéo suivante est une compilation de prises de vues réalisées ces dernières années par des chaînes de télévision, des caméras de surveillance ou des particuliers. Elle n’est pas sous-titrée, mais les images parleront probablement d’elles-mêmes.

Une vidéo qui ramène à cet extrait du contrat social de Rousseau, qui n’a pourtant pas connu la société de consommation :

 « Sitôt que le service public cesse d’être la principale affaire des Citoyens, et qu’ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l’Etat est déjà près de sa ruine. […]C’est le tracas du commerce & des arts, c’est l’avide intérêt du gain, c’est la mollesse & l’amour des commodités, qui changent les services personnels en argent (…) donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’esclave ; il est inconnu dans la Cité. Dans un Etat vraiment libre les citoyens font tout avec leurs bras et rien avec de l’argent : Loin de payer pour s’exempter de leurs devoirs, ils paieraient pour les remplir eux-mêmes ».

On devrait peut être cessé de pleurnicher en considérant le peuple comme une éternelle victime de méchantes oligarchies, et se focaliser sur notre responsabilité collective. Les puissants ne font que se servir de nos désirs d’accumulation d’ostentation matérielle pour nous asservir en le stimulant.

Sources : E&R



Catégories :Société

3 réponses

  1. Ô grand ovidé de couleur sombre, est-il normal que je n’ai plus rien dans la fenêtre Global Presse?
    Ou est-ce – encore – mon ordi qui fait des siennes? Si c’est le cas, il passera par la …windows!

  2. Ami Mouton Noir, sais-tu que non seulement le Black Friday est savamment mis en scène par les grandes enseignes, mais que pour être efficace elles analysent le résultat des ventes.
    Et cette année, elles ont découvert que les achats en lignes avaient significativement augmentés. Voici les analyses de ces achats:

    « – Les ventes en ligne ont représenté quelque 1,06 milliard de dollars le seul jour de Thanksgiving, un montant supérieur de 18% à celui de l’an dernier, selon le groupe de logiciels Adobe.
    – Elles ont atteint 1,93 milliard le lendemain dit Vendredi noir, en hausse de 39% sur un an, précise la société, qui base ses calculs sur l’analyse de 400 millions de visites effectuées sur quelques 2.000 sites marchands américains.
    – Le géant américain de l’informatique IBM aboutit à des chiffres comparables en se basant sur le trafic de 800 sites marchands: les ventes en ligne ont augmenté de 19,7% sur un an le jour de Thanksgiving et de 19% le Black Friday, avec des commandes d’une valeur moyenne de 135,27 dollars, en hausse de 2,2% sur un an.
    – Les ventes sur appareils mobiles ont représenté 24,2% du total, selon Adobe (21,8%selon IBM), les achats sur tablettes comptant pour 15,6% de ces ventes et ceux sur smartphones 8,6%.
    – Les deux sociétés s’accordent à dire que les utilisateurs d’appareils Apple ont dépensé plus que ceux d’appareils équipés du système Android de Google.
    – Selon Adobe, sur les quelque 3 milliards de dollars de ventes en ligne réalisées sur ces deux jours, 417 millions de dollars représentaient des achats effectués sur les tablettes iPad et 126 millions de dollars sur des iPhone, tandis que les téléphones Android ont servi à des achats évalués à 106 millions de dollars et les tablettes Android à 42 millions de dollars.
    – Pour IBM, les tablettes ont servi à 14,4% des achats en ligne, contre 7,2% pour les smartphones. En moyenne, les utilisateurs de tablettes ont dépensé 132,75 dollars et les utilisateurs de smartphones 115,63 dollars.
    – Mais là aussi, les détenteurs d’iPad et iPhone ont dépensé plus: 127,92 dollars en moyenne, contre 105,20 dollars pour les utilisateurs d’appareils sous Android. Les ventes à partir d’appareils Apple ont représenté 18,1% des ventes totales sur internet, contre 3,5% pour Android.

    http://www.romandie.com/news/n/_Soldes_de_Black_Friday_aux_USA_les_ventes_en_ligne_gagnent_du_terrain39011220130351.asp

    Je n’ai pas de smartphone – en fait, si, j’en ai un, mais comme j’ai désactivé les applis et Androïd, je n’achète pas avec…mais je vais sur ce site et d’autres – je n’ai pas de tablettes, je ne supporte pas Apple, et je n’achète pas en ligne…
    De toutes façons, je réserve mon fric pour des choses plus utiles.
    Je suis donc un grand malade…et j’en suis fier.

    A+

  3. « il faudrait cesser de pleurnicher en considérant le peuple comme une éternelle victime de méchantes oligarchies, et se focaliser sur notre responsabilité collective. »

    En effet, je pense que se focaliser sur les méchants puissants est infructueux, par contre je pense qu’il est tout aussi infructueux de se focaliser sur notre responsabilité collective : la culpabilité est tout autant un poison qui empêche l’action concréte. Non, en fait il faut juste agir petit à petit, s’enlever chacun des conditionnements qui nous poussent à l’achat. À force d’exercice, on en devient décroissant naturellement, on cesse d’alimenter les comptes des corporations, parce qu’on se rend compte que le bonheur se fait aussi bien sans dépenser. Et pour ça, pas besoin d’aller vivre dans la forêt ou de faire des sacrifices énormes, la seule difficulté c’est de voir en face les pulsions qui nous poussent à acheter n’importe quoi et foutre à la porte ces pulsions inutiles, une par une.

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