Maître et serviteur

oligarchie-246x300De plus en plus, les hommes semblent prendre conscience d’une réalité dont la vitrine ne les satisfait dorénavant plus. Partout la colère gronde, les nations se soulèvent, les peuples se révoltent et les gouvernements s’affolent. Seule une élite un pouvoir oligarchique et mondial- ne semble que peu préoccupée par ces bouleversements.

Ces évènements, plus besoin de le démontrer, sont la conséquence directe de multiples manipulations politiques chevronnées. Ils sont finalement la manifestation d’un réflexe vieux comme la terre elle-même et exprimés très clairement dans Le Prince de Machiavel : celui qui détient le pouvoir veut à tout prix le garder.

Dès lors, cette volonté destructrice va mettre en oeuvre et légitimer tous les moyens possibles, jusqu’aux plus immoraux et cruels. Il en a toujours été ainsi : le fort contre le faible, le riche contre le pauvre, l’oppresseur contre l’opprimé…le Maître contre le serviteur. L’asservissement du peuple est arrivé à un tel point que nos maîtres ont réussi à nous faire porter nos propres chaînes par de subtils mécanismes de prêt-à-penser.

Diviser pour mieux régner, c’est ainsi qu’en développant le culte de l’ego, la suprématie de l’individu et la tyrannie du « Moi », la seule entité véritablement capable de nous émanciper – à savoir le NOUS – a peu à peu disparu. L’idéal d’égalité entre les hommes a progressivement été remplacé par un égalitarisme immoral et barbare. Le droit de « tout le monde » a laissé la place à la   »faculté de chacun » et la liberté pour tous au libertarianisme – émancipation individuel qui se revendique à la fois pacifiste et libérale -, alors même que pour toute révolution, une prise de conscience collective est nécessaire, une prise de conscience qui parviendra à renverser l’ordre établi. Cette prise de conscience sans élan solidaire et collectif ne vaut quasiment rien.

Les vicissitudes du système sont telles que le Maître fait depuis toujours croire au serviteur qu’il est émancipé. En cela, l’établissement d’un gouvernement représentatif – que l’on appelle à tort « démocratie »- fut un outil éminemment efficace… puisque nous avons bel et bien choisi de mettre au pouvoir celui qui nous manipulera et nous mentira, puisque nous avons bel et bien élu ces personnes qui aujourd’hui votent des lois injustes. Sereinement, nous nous disons alors que justice sera faite lors des prochaines élections, sacralisant ainsi tout le processus qui au lieu de nous affranchir ne fait que nous soumettre.

Finalement qu’est ce qu’une dissidence…sans rassemblement ?

Comment pouvons-nous aspirer au changement en utilisant les outils du Maître ? Comment derrière nos écrans d’ordinateurs, sur des sites préconçus par ceux là même qui nous dominent, pouvons nous croire un seul instant pouvoir changer les choses ?

L’information et sa diffusion est une nécessité, et en cela internet est un outil fabuleux, mais une fois cette colère déversée virtuellement, quelle énergie nous poussera à descendre dans les rues ? Quelle force puiserons-nous une fois notre rage étalée et nos frustrations calmées ? Il ne restera plus qu’à éteindre nos ordinateurs, aller nous coucher et le lendemain de plus belle recommencer…Faut il attendre que notre intégrité physique soit réellement menacée ou bien nous complaisons nous finalement virtuellement enchaînés et à jamais serviteurs?

Le serviteur qui continuellement se plaint du maître demeure un serviteur. Celui qui, au contraire, décide de s’unir à ses semblables pour se délivrer d’une situation arbitraire et abusive, au détriment de son confort, de sa sécurité et le plus souvent de lui-même, celui là commence à comprendre…

Devenir son propre maître c’est se libérer de la domination – physique ou mentale – d’autrui mais surtout de soi, c’est se délier de ses habitudes les plus solidement enracinées, se libérer de ses réflexes les plus profondément ancrés, abandonner ses croyances les plus fondamentalement acquises. C’est noblement sacrifier le « Je » pour le « Nous ».

Article de Manel Azlouk (Diktacratie)



Catégories :Société

1 réponse

  1. Descendre dans la rue, c’est le court terme.

    Et sans une nouvelle organisation pour remplacer la précédente,
    cela devient un coup d’épée dans l’eau car après la rue
    il faut bien rentrer à la maison et la vie reprend son cours.

    Si on veut un changement durablement profond à l’extérieur
    ça prend un changement durablement profond à l’intérieur.

    Pour accoucher d’institutions et d’organisations vraiment différentes,
    il faut d’abord que nous soyons vraiment différents.

    Différents en quoi, direz-vous ?

    Dans notre vision du monde !

    Il nous faut abandonner la vision du monde
    qui nous vient du Moyen Âge et nous limite à l’obscurantisme
    et adopter une autre vision du monde
    qui nous amène au Nouvel Âge et nous libère de la servitude.

    Prenons la définition de l’être humain par exemple.

    Dans la vision cartésienne moyenâgeuse,
    chaque individu est séparé des autres
    et peut posséder les choses.

    Dans la vision holistique moderne
    on comprend que tout est relié à tout,
    et que la forme de tout ce qui a une existence matérielle
    n’est pas gardée dans la matière inerte,
    mais dans l’intangible vivant.

    On comprend que seule la conscience existe
    et que la conscience est un phénomène collectif.

    On comprend que :

    «I am he as you are we as you are me and we are all together».

    Une fois rendu dans ce nouveau paradigme,
    on peut créer un monde exempt de hiérarchie et de violence.

    Comme des centaines d’années de luttre fratricides
    n’ont pas permis de résoudre le problème,
    on pourrait essayer de le régler en le dépassant.

    😉

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