La présence de l’Iran à « Genève II » n’est pas négociable

Lakhdar Brahimi, annonçant que l'Iran n'est pas invité à Genève II - PressTV

Lakhdar Brahimi, annonçant que l’Iran n’est pas invité à Genève II – PressTV

Par Finian Cunningham, le 24 décembre 2013

Quand des adversaires défient tellement toute logique, leurs agendas doivent tout simplement être ignorés avec dédain. Et par contraste, un agenda alternatif, plus raisonnable doit être offert en contre-proposition et délivré avec un ultimatum.

C’est à prendre ou à laisser.

Observons comment les États-Unis d’Amérique, leurs clients d’Arabie Saoudite et la fausse opposition politique syrienne, présentent des demandes exorbitantes en avance des prochaines négociations de Genève. Les USA, l’Arabie Saoudite et la Coalition Nationale Syrienne en exil ne veulent pas que l’Iran assiste aux négociations politiques prévues le mois prochain à Genève.

La conférence – dénommée Genève II – est censée trouver une transition pacifique dans ce pays arabe déchiré par la guerre, où presque trois ans de violences appuyées depuis l’étranger ont pris la vie de 100.000 personnes, déplacé des millions de citoyens et détruit des pans entiers d’infrastructures.

La semaine dernière, l’émissaire des Nations Unies et de la Ligue Arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, a dévoilé une liste de quelques 30 pays invités au sommet de Genève, tôt dans la nouvelle année qui vient. Ils comprennent les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité – les USA, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que des pays voisins: la Jordanie, le Liban, l’Irak et la Turquie.

Des pays de la région sont également invités dont l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et Oman. D’autres nations, aussi, d’aussi loin que l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Brésil, sont dits être en route pour la cité suisse, en vue de la conférence sur la Syrie prévue du 22 au 24 janvier 2014.

Pourtant, l’Iran – le seul pays qui mérite une place au premier rang dans ce processus – en est exclus. L’Iran est le plus proche allié de la Syrie au Moyen-Orient, et possède une stature régionale qui peut exercer une influence cruciale et positive, pour expédier le succès de l’issue des négociations.

Le gouvernement de Téhéran a constamment appelé à une résolution pacifique de la crise syrienne et mis l’accent sur la primauté de l’auto-détermination syrienne. L’Iran est aussi présentement à la présidence du Mouvement des Non-Alignés, représentant presque les deux tiers des nations du monde, y compris plusieurs de celles qui sont conviées à assister au sommet de Genève.

Donc, il est illogique et effectivement risible que Washington et ses clients saoudiens réclament que l’Iran soit exclu des négociations. Un porte-parole du gouvernement US a dit, « Il est difficile d’imaginer la participation de l’Iran. » Ce n’est difficile à imaginer que pour une personne qui est intellectuellement comateuse.

Même le patron de l’ONU, d’habitude complaisant avec Washington, Ban Ki-Moon, et l’envoyé en Syrie Lakhdar Brahimi ont appelé à la participation de l’Iran au sommet Genève II. Bien sûr, la Russie et la Chine ont appuyé l’idée de la présence de l’Iran. Et sans doute de manière plus importante que toutes, se présente l’assentiment du gouvernement syrien de Bachar al-Assad. Le Premier Ministre syrien Wael al-Halqi a déclaré, « Nous pressons l’Iran d’être présent en tant qu’acteur clé. La présence de l’Iran serait bénéfique pour la résolution du problème syrien. »

Contre cette quasi-unanimité et cette logique imposante en faveur de la participation de l’Iran au processus de paix syrien, se dresse le véto déraisonnable des USA et de ses clients obtus. Ce véto états-unien et saoudien n’est pas seulement illogique, il est carrément inconcevable.

D’un côté, Washington et Riyadh accusent l’Iran de soutien à « la violence du régime syrien » et de « déstabiliser la région », et de l’autre côté ils soutiennent que l’Iran n’ait pas sa place dans la quête d’un règlement pacifique.

La Coalition Nationale Syrienne, soutenue par les USA et qui ne dispose d’aucune base nationale en Syrie, mais réside plutôt dans des hôtels de luxe payés par ses mécènes saoudiens et qataris, n’a pas seulement insisté que l’Iran demeure absent de Genève II, mais que le Président syrien al-Assad y soit contraint de se soumettre à une quelconque transition.

Pendant ce temps-là, les réseaux terroristes d’al-Qaeda sponsorisés par les USA et l’Arabie Saoudite qui dépècent la Syrie ont rejeté toute forme de négociation politique. Le Front al-Nusra, l’État Islamique de l’Irak et du Levant et la dernière invention phantasmatique – le Front Islamique – ont fait le serment de continuer à mener leur guerre de terreur en dépit de Genève II.

Ces deux perspectives – l’exclusion illogique de l’Iran et le soutien dissimulé en cours à des pelotons terroristes – sont des preuves que Washington et l’Arabie Saoudite n’ont aucun intérêt dans le travail vers une authentique solution pacifique en Syrie. Les États-Uniens ne font que donner le change dans le processus politique, mais leurs actes parlent plus clairement de leur objectif réel – le changement de régime.

Washington et l’Arabie Saoudite ne veulent pas que l’Iran assiste à Genève II parce que leurs adversaires savent que l’Iran aiderait à étayer la cause politique de l’indépendance syrienne et de son auto-détermination, ce qui sous-tendrait inévitablement le mandat démocratique du gouvernement d’al-Assad, sonné.

Face à cette intransigeance états-unienne et saoudienne, la Syrie, la Russie, la Chine et l’Iran devraient répliquer avec leur propre ultimatum en commun. Il ne peut y avoir de processus de paix syrien ou de résolution du conflit sans la participation de l’Iran.

Si Washington voulait sincèrement faciliter la paix en Syrie, alors il faudrait qu’elle lève le pied sur son attitude d’ostracisme envers l’Iran. Washington peut dans le même temps rappeler ses chiens de guerre en tirant sur la chaîne saoudienne et ramener ces éléments au pied. C’est à prendre ou à laisser.

Source: http://www.presstv.ir/detail/2013/12/24/341684/iran-at-geneva-ii-nonnegotiable/



Catégories :Opinion

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3 réponses

  1. dia duit Will,

    Allez, je vais profiter de ton – excellent – travail de traduction. Ce sont les fêtes, la flemme m’habite…

    A plus…

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