Mais que fait la police ?!

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On le sait, la sécurité est primordiale surtout lorsqu’il s’agit de l’énergie nucléaire, et pourtant à plusieurs reprises, l’association « Greenpeace » a prouvé que l’on pouvait entrer dans une centrale nucléaire comme dans un moulin…

En effet, le 18 mars 2014, près de 60 militants de Greenpeace, ont réussi à s’introduire en toute impunité dans la centrale nucléaire de Fessenheim, cette centrale dont Hollande avait annoncé la fermeture s’il était élu, puis repoussant à fin 2016 cette éventualité. lien

Ils ont réussi à déployer une banderole portant le message « stop risking Europe » tout en haut du bâtiment. lien

Ces militants, de 14 nationalités différentes, ont passé les différentes sécurités pendant que d’autres, aux commandes de 5 canots pneumatiques se trouvaient sur le grand canal d’Alsace, pour souligner le risque d’inondation couru par la vieille centrale. lien

Greenpeace rappelle qu’en cas d’accident à Fessenheim plus de 4 millions de personnes se trouvant à moins de 75 km du site sont en danger. lien

Ces militants lanceurs d’alerte étaient allemands, belges, hollandais, italiens, suisses, polonais, tchèques, suédois, slovènes, autrichiens, turcs, israéliens, australiens, et bien sur français.

Sur ce lien, le détail de l’action.

EELV (Europe Ecologie-Les Verts) a félicité Greenpeace pour leurs « coups d’éclat (…) qui mettent en lumière la fragilité de nos installations nucléaires  ». lien

Cette action fait suite à une action conjointe menée il y a 2 semaines d’occupation de centrales nucléaires en Suisse, en France, aux Pays-Bas, de Suède et d’Espagne afin de dénoncer le danger liés au vieillissement des réacteurs nucléaires européens. lien

Sur ce lien, on peut constater l’état de dégradation du béton, laissant apparaitre parfois le ferraillage rouillé.

Alors bien sur, les autorités annoncent, pour une énième fois que la protection des centrales va être renforcée, mais la démonstration de Greenpeace n’est pas une première, et à chaque nouvelle intrusion, la même annonce est faite, sans beaucoup de résultats. lien

C’était en juillet 2013 que des militants de Greenpeace avaient réussi à pénétrer sur le site nucléaire du Tricastin, et au lieu d’être félicités pour leur citoyenneté, ils ont tout de même écopés de 3 mois de prison avec sursis.

Ils étaient menacés de 5 ans de prison et d’une amende de 75 000 euros. lien

Quelques jours après, rebelote, 18 militants de Greenpeace avaient réussi à pénétrer dans la centrale nucléaire de Gravelines.

Les actions de Greenpeace ne sont pas une nouveauté, et je suis personnellement fier d’avoir participé à l’une d’elles, il y a assez longtemps, du temps où la dangereuse centrale « super » phénix était encore en activité.

Il avait été question d’installer une banderole au sommet des pylônes électriques avec un message destiné au président d’alors, un certain François Mitterrand, et pour que l’opération soit possible, il fallait opérer une diversion afin de mobiliser les forces de police de l’autre coté de la centrale.

Les militants suisses de Contratom avaient donc demandé une invitation pour visiter la centrale, et plusieurs bus étaient prévus.

Inquiets, les responsables du site avaient validé la visite, mais avaient aussi prévenu les forces de police, lesquelles s’étaient massées en force à l’entrée de la centrale, de l’autre coté des pylônes, ce qui a permis à Greenpeace d’installer tranquillement l’énorme banderole avec son message : « Mitterrand, ferme là ! ».

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On se souvient aussi que c’est le 2 mai 2012 qu’un militant de Greenpeace, à bord d’un parapente motorisé avait réussi a déposer une fumigène sur l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Bugey, l’une des plus vieilles de France. lien

Si 60 personnes motivées, et non armées, ont réussi à pénétrer dans une centrale nucléaire, on imagine sans peine la facilité qu’aurait un commando de terroristes déterminés, et bien armés, pour commettre un attentat sur un site nucléaire, mettant ainsi en danger la vie de milliers de citoyens.

Ceci dit, il parait assez illusoire d’imaginer une protection qui soit 100% efficace, puisqu’il suffirait à un commando terroriste de lancer contre une centrale un missile de la dernière génération.

Certains, comme le AS30, sont capables de traverser 2 mètres de béton sans rencontrer la moindre résistance, et une porte blindé ne leur fait pas peur.

Encore mieux, la bombe MK82 traverse 40 mm de blindage ou 4 mètres de béton, et la bombe Durandal, larguée à basse altitude, fonce à 270 mètres secondes avant de s’enfoncer dans le sol, explosant sur commande, même plusieurs heures après l’impact. lien

C’est d’ailleurs l’une des préoccupations de Greenpeace qui avait consulté un expert indépendant s’interrogeant sur la validité des mesures prises en France pour contrer un attentat terroriste contre une centrale nucléaire, notamment dans le cas de la chute accidentelle, ou pas, d’un avion de ligne sur l’EPR, le dernier « fleuron » de l’industrie nucléaire.

Un rapport secret, qui ne l’est manifestement pas resté longtemps, puisque Greenpeace et le réseau « sortir du nucléaire » l’avaient mis en ligne, avait été rédigé affirmant que tous les risques avaient bien étés envisagés.

« Ce document (…) manifeste un manque presque total de préparation pour prémunir d’une attaque terroriste ». lien

Bien sur, depuis 2009, une convention a été signée entre EDF et la gendarmerie, prévoyant la présence de 40 à 60 gendarmes sur les sites nucléaires, dénommés PSPG (peloton spécialisé de protection de la gendarmerie dont on nous assure qu’ils seraient formés aux risques toxiques et nucléaires, mais, à la lumière des différentes opérations menées par Greenpeace, on voit combien est illusoire cette présence, et que pourraient-ils faire face à un commando terroriste déterminé, et bien armé ?

Et pourtant, selon un sondage effectué par Europe 1, ils y a encore 69% de français qui désapprouvent l’action de Greenpeace (pour 4911 votants).

Alors bien sur, EDF déclare vouloir investir 700 millions pour « renforcer » la sécurité autour des sites nucléaires (lien) et annonce vouloir lutter contre les intrusions.

On se souvient qu’en 2011, un député UMP, Claude Birraux, président de l’OPECST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) s’était rendu pour une visite surprise à la centrale de Paluel.

A sa demande, l’ASN (autorité de sureté nucléaire) a simulé un accident similaire à celui de Fukushima, soit une perte totale d’alimentation électrique, et une panne du groupe électrogène de secours.

L’alerte fictive a été lancée à 22h.

A 23h30 les agents qui géraient la « difficulté » cherchaient une clé nécessaire pour ouvrir un panneau d’alimentation électrique.

Hélas, la clé était « en commande » et donc indisponible.

A minuit, l’équipe de choc pénètre dans le local électrique du réacteur n°1 et constatent que «  les indications du document de procédure ne correspondent pas au panneau électrique ».

Ils contournent la difficulté en décidant de se raccorder au réseau du réacteur n°3.

Ils ont un nouveau problème : le local n’est pas numéroté.

Il y a un doute (dixit le communiqué de l’AFP) les clés sur le panneau sont-elles mal étiquetées, ou bien sommes nous dans le mauvais local et comme le local n’est pas non plus numéroté, ça ne « facilite pas la manœuvre » a ajouté le député.

Agacement de l’ASN qui se plaint que « la procédure comportait « de nombreuses erreurs (…) lacunes (…) à l’évidence pas opérationnel ».

En même temps, un sénateur, Bruno Sido, vice président de l’OPECST menait une opération convergente à la centrale du Blayais.

Il a fallu une demi-heure, et 4 personnes pour tenter de répondre à une situation de crise.

La question posée était « quel est le critère conduisant à l’arrêt du pompage d’eau en cas d’inondation  ».

Ces « professionnels de la sécurité » cherchaient en vain dans la rubrique «  pompage » une information qui était dans la rubrique « inondation ». lien

Nous voilà rassurés…

Le risque zéro n’existe pas, mais la meilleure solution ne serait-elle pas de tourner le dos à cette énergie si porteuse de dangers ?

Le récent effondrement du plafond dans une ancienne mine de sel au Nouveau Mexique, dans laquelle sont stockés des milliers de fûts contenants des déchets hautement radioactifs vient d’en apporter la preuve. lien

L’information n’est pas vraiment relayée par les médias et à ce jour on sait seulement que de grosses quantités de plutonium se sont échappées dans l’environnement, et que l’accès aux galeries est évidemment interdit…(lien) alors qu’à Fukushima, le système de décontamination partielle, puisqu’il ne filtre pas le césium, est de nouveau en panne. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « Le serpent a beau courir, il ne va pas plus vite que sa tête ».

Article de Olivier Cabanel



Catégories :Planète

1 réponse

  1. Que fait la police?
    La police coure après les dangereux quenellistes. Car eux sont dangereux. Si ils se multiplient c’est le sort du monde qui est en jeu…

    Alors à choisir entre sauver le monde ou sauver quelques millions d’individus qui n’habitent pas tous en France, le choix est vite fait…

    En fait, il faudrait que la prochaine fois, les militants de greenpeace fassent une quenelle un fois arrivés sur le dôme…

    Ami Mouton Noir, connais-tu un lieu sans centrale nucléaire, ni puits de pétrole, ni forage de schiste, oú je pourrait habiter?

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