Interview d’un milicien du Donbass, 1ère partie

de_20140816Par Ilja Degtjarov, le 18 août 2014

Préambule: Par principe nous nous retenons de publier des vidéos dans lesquelles des prisonniers de guerre se font interroger. Toutefois dans cet article nous faisons une exception, parce que la vidéo confirme ce que l’insurgé interviewé affirme lui aussi dans le texte qui suit: que l’armée ukrainienne commet des crimes de guerre et enterre ses propres morts dans des fosses communes. Il vaut donc la peine de lire le texte et de regarder la vidéo – deux sources complètement indépendantes.

Une interview avec un insurgé de l’est de l’Ukraine. Il vit et combat dans une région où l’armée ukrainienne a été fracassée il y a trois semaines, près de la frontière russe dans la région de Donetsk. Il a gardé le silence sur son nom avec moi, mais il était un riche homme d’affaires avant la guerre. L’interview a été enregistrée à la mi-août et directement traduite en allemand puis de l’allemand [en anglais et maintenant en français, ndlr]. Quelques détails ont pu être perdus lorsque l’allemand a été traduit en anglais.

Pourquoi êtes-vous devenu un insurgé?

Parce que je ne suis pas d’accord avec ce gouvernement et avec ce qui se passe. Je n’accepte pas cette attitude envers le peuple. Je ne pouvais plus supporter de voir le peuple se faire tourmenter. Donc, je suis devenu un insurgé bien que j’aie déjà 53 ans. Je n’accepte pas qu’ils soient venus dans ma région. Je protègerai mes arbres, mes pierres, les maisons, les enfants, les femmes et tout le reste.

Où puisez-vous votre optimisme? Vous vous battez contre l’armée ukrainienne et des milliers de mercenaires étrangers. Tout l’Occident soutient l’Ukraine. Pourquoi restez-vous confiant que vous allez prendre le dessus?

Nous avons un peuple héroïque qui n’a jamais plié le genou. La victoire sera nôtre, et si nous mourons quand-même, alors mieux vaut que ce soit debout qu’à genoux. Nous avons notre vision, nous avons une chose pour laquelle nous voulons nous battre. Nos petits-enfants grandiront ici. Et si nous mourons nous-mêmes, nos petits-enfants vivront comme il faut vivre, c’est-à-dire dans un pays libre.

Dans beaucoup des médias de masse occidentaux il est rapporté qu’en fait les insurgés sont composés d’unités spéciales russes ou d’éléments de l’armée russe régulière. Qu’en pensez-vous?

Nous ne nous battons pas pour la Russie, nous nous battons pour notre peuple. La Russie est un pays libre, un pays où l’on peut vivre librement sans courbettes soumises aux États-Unis et à l’UE. Nous savons comment vous pouvez vivre en Russie et nous voulons vivre ainsi aussi. Nous ne voulons nous prosterner devant personne, ou adorer qui que ce soit. Nous sommes un peuple libre.

Qu’est-ce qui ne va pas avec le gouvernement ukrainien, selon vous? Qu’est-ce qui a provoqué ce mouvement dans la région du Donbass?

Ces gens sont arrivés au pouvoir par le sang. Maintenant ils veulent noyer l’Ukraine tout entière dans le sang. Bien qu’ils parlent de « l’Ukraine libre » ce pays n’a jamais été libre, il a toujours été subordonné à un autre. Maintenant l’Ukraine plie devant les États-Unis d’Amérique, un pays qui opprime tous les pays et provoque des guerres partout. En réalité, ce pays [USA] devrait être complètement rayé de l’Atlas. Bon, pour l’instant nous allons atteindre la Pologne, là nous laverons nos bottes et ensuite nous continuerons.

Retour à la question précédente: les insurgés sont-ils principalement des citoyens locaux ou sont-ils surtout des volontaires russes ou même la méchante armée russe, vêtue d’uniformes étrangers, ainsi que l’affirment certains?

Les insurgés sont des gens qui encore hier travaillaient avec une houe et une pelle; qui s’occupaient de leurs jardins. Ils ont posé leurs outils et désormais ils protègent leurs jardins avec des fusils automatiques. Nous sommes un peuple qui aime la liberté. Même les femmes, les enfants et les anciens viennent se battre avec nous.

Comment décririez-vous l’idéologie des gens qui sont arrivés au pouvoir à Kiev? En Occident ils disent, bien sûr, que ce sont de parfaits démocrates, qui veulent juste être différents des Russes. Les appelleriez-vous des parfaits démocrates ou alors peut-être autre chose?

Je comprends la démocratie en ce qu’il est possible d’exprimer sa volonté; et pas que quelqu’un d’autre parle à votre place. Je me souviens encore comment vous avez voté la séparation [de l’URSS]: à l’époque aussi, personne n’a pris la peine de nous écouter. Encore maintenant ils poursuivent une politique unilatérale. Ils ne veulent voir que ce qui se passe de l’autre côté [à l’ouest de l’Ukraine]. Ils sont inconscients de la souffrance de nos mères et de nos pères. Ceci n’est pas une démocratie, mais le fascisme sous sa pire forme. Même les fascistes n’ont pas bombardé les enfants comme ça, détruit les maisons, empoisonnant la terre avec des bombes écologiquement dangereuses. Ils nous bombardent avec des bombes au phosphore blanc et des bombes à sous-munitions. Ils nous bombardent avec des bombes à sous-munitions, pour que des millions de petites particules de métal volent dans toutes les directions et sur des rues entières, tout le monde se fait tuer, y compris les femmes et les enfants. Après de tels bombardements il ne reste rien, même plus d’animaux, mais que de la terre brûlée. Est-ce la démocratie? Se battent-ils ainsi pour la démocratie? Non, c’est du fascisme.

Qui combat du côté de l’armée ukrainienne? Qu’est-ce qui est entendu par étrangers?

Nous avons eu des prisonniers de guerre de Pologne. Il y a beaucoup d’instructeurs étrangers, de lanceurs de grenades. Nos soldats [ukrainiens] ne veulent pas se battre, selon les prisonniers de guerre, donc ils les menacent ainsi que leurs familles de mort. Dans l’armée ukrainienne ils tuent même les blessés.

Donc des gens dans le voisinage de Kramatorsk ont été massacrés, leurs organes ont été récupérés; ensuite leurs corps ont été enterrés avec des tracteurs et compactés par dessus avec des véhicules blindés. Ils cachent donc les preuves de leurs crimes. Ceci s’applique aussi à Krasnodon: ils ont détruit leur propre peuple. (Note de l’éditeur: comparer avec la vidéo)

Les insurgés, les prétendus « terroristes », n’ont laissé aucun blessé dans la panade. Ils aident aussi les civils, les malades, tous ceux qui sont dans le besoin.

Donc il y a vraiment des instances où ils prélevé des organes, sensiblement pour les vendre?

Oui. Il y a quelqu’un à qui ils peuvent le demander, n’est-ce pas? [demande à un autre insurgé] Nous avons des gens de Kramatorsk, qui en ont été témoins.

L’avez-vous vu de vos propres yeux?

Oui, de mes propres yeux. (Un autre insurgé en arrière-plan): Nous ne pouvons pas révéler nos sources.

Vous n’en avez pas besoin. Cette information était auparavant au niveau de « quelqu’un a entendu quelqu’un dire qu’il a entendu que… »

Mais bien sûr! Cela a même été vu par nos éclaireurs. Même les prisonniers de guerre le confirment. Des corps ont été enterrés avec des tractopelles.

À part les Polonais, qui se bat [contre vous]?

Si nous nous branchons sur leurs conversations par radio, nous entendons des langues étrangères. Mais je ne sais pas lesquelles. Et on trouve les Polonais partout.

Pourquoi sont-ils venus? Sont-ils des mercenaires ou des unités régulières, envoyées ici par contrainte?

Ce sont des gens, entre autres, qui sont prêts à payer pour qu’on les laisse chasser des gens. Ils payent pour pouvoir tirer sur des gens vivants avec des fusils de snipers. S’il n’y a pas d’insurgés, ils tirent sur des civils. Par exemple, il y avait un homme qui allait au travail sur son vélo et ils lui ont arraché la tête juste pour s’amuser.

Vous parlez d’un cas spécifique?

Oui, il y a une semaine. L’homme était totalement inoffensif. Un tireur d’élite l’a abattu, juste pour s’amuser. (Un autre insurgé en arrière-plan): Nous l’avons vu, c’était à cent mètres de nous. Il ne faisait que se rendre à son travail.

J’ai lu sur de tels cas, mais n’en avais jamais directement entendu parler.

C’était à Krasnopartisansk.

Pourquoi vos nouveaux dirigeants se croient-ils permis de tuer un si grand nombre de gens? Ils se plaignaient à travers le monde, que soi-disant quelques étudiants du Maïdan s’étaient fait rosser. Maintenant des milliers de personnes meurent, et tout le monde s’en fout. Pourquoi? Pourquoi le deux poids deux mesures – de quelle idéologie s’agit-il?

[Sur] cette duplicité, j’en comprends ce qui suit: l’Ukraine exécute les ordres de l’Occident, et n’a pas de volonté propre. L’Ukraine élimine des gens qui dérangent la production de charbon et de gaz des USA. Ils n’ont pas besoin de notre peuple ici et les ont détruits par le passé, à travers la région. Ce n’est pas une question de l’élimination de certains d’entre nous, il s’agit de nous anéantir méthodiquement, en utilisant des lanceurs [de missiles] Grad, des mines, des systèmes sol-sol [missiles balistiques]. Il y a des bombes qui laissent un cratère de trois mètres de profondeur et de huit mètres de large. Dans un rayon de 300 mètres il ne reste plus rien de vivant. Donc, ils détruisent des villes. Des femmes et des enfants se cachent dans des caves et ils les y brûlent avec des lance-flammes et des explosifs. Ils ne tuent pas « seulement » des familles, mais les résidents d’immeubles entiers d’appartements. Le meurtre des épouses des insurgés est particulièrement apprécié. Est-il même possible de ne pas se battre contre ces types? Nous sommes tout simplement obligés de neutraliser cette infection contagieuse qui se répand dans notre pays.

Si nous regardons la situation avec réalisme: à la fin de 2013 l’armée ukrainienne avait à peu près 400 véhicules blindés selon les données officielles. Les insurgés n’en ont que quelques-uns, donc vous ne pouvez pas comparer les forces en présence. Cette énorme horde [l’armée ukrainienne] est écrasante et en plus il y a ces, par exemples, ces véhicules blindés polonais. Comment pouvez-vous vaincre cette ruée sans fin?

Ils se battent pour l’argent ou de peur qu’il arrive du mal à leurs familles s’ils se battent mal, ou quelque chose comme ça. Nous nous battons pour les vies de nos enfants, pour notre pays. C’est une grande différence. Ils se battent sans vision et nous en avons une. C’est ce qui gagnera toujours. Nous ne mangeons pas aussi bien, mais notre esprit est plus fort que le leur. Aucun doute, nous gagnerons parce que nous nous battons pour notre peuple, alors qu’ils sont venus dans notre région pour nous la dérober.

Y a-t-il eu des cas où l’armée ukrainienne a bombardé des bus ou des voitures dans lesquels il y avait clairement des réfugiés?

Plusieurs fois – même si c’était écrit en grandes lettres [sur les voitures] qu’il y avait des enfants. Ils ont tiré sur des grandes foules devant des postes de douane. Ils ont tiré sur un cortège de sept kilomètres de long avec des lance-grenades et de l’artillerie. Les gens couraient dans tous les sens et ont laissé leurs affaires derrière eux. Comme exemple légèrement différent, près de la frontière un système d’alarme a retenti très fort pour une quelconque raison; les enfants de la région de Donetsk, de Kramatorsk ont pensé qu’ils allaient bientôt se faire bombarder. Dans quel état psychique peuvent être ces enfants?

Que fait d’autre l’armée ukrainienne qui n’est vraiment pas connu en Occident?

Même les gens de l’Âge de Pierre n’ont pas agi comme ces gens du 21è siècle. Ils torturent, ils tuent les gens, ils cassent des bras, tranchent des doigts, coupent des têtes et voient combien de temps vous pouvez encore marcher sans votre tête. Tout ce que vous pouvez imaginer d’horrible, ils le font déjà. Nous parlons la même langue, nous avions les mêmes abécédaires à l’école, donc c’est incompréhensible pour moi, par le biais de quelle influence ils sont devenus comme ça.

Pouvez-vous donner des exemples spécifiques? Sans donner de nom.

Ils ont tiré sur des réfugiés, c’est-à-dire des gens qui ont déjà peur, avec des lance-grenades; avec des mitrailleuses comme dans un champ de tir, si les gens étaient clairement visibles dans une rue. Ils n’ont pas tiré en sommation, mais pour tuer. Sur le côté de la route des voitures y sont laissées et ils [l’armée ukrainienne] ne permettent pas que les corps en soient enlevés. Par conséquent l’odeur était nauséabonde à cause de la décomposition des corps. C’est seulement après que la zone ait été libérée que les corps ont pu être récupérés. Donc ils se battent contre les enfants, contre les femmes; et pourtant dès qu’ils voient des hommes armés ils déposent leurs armes et se rendent avec un drapeau blanc.

Concernant le Boeing [MH17]: en Occident il a été immédiatement proclamé – sans tergiverser – que les insurgés avaient abattu l’avion. [Ils ont dit que] Poutine avait donné à la fois l’argent et le système [de missiles] BUK, donc Poutine est personnellement responsable. Quelque chose à dire?

Je ne sais rien là dessus, mais il est clair que les insurgés n’abattraient jamais un avion de ligne. Les insurgés se battent pour la vie des gens et il est inimaginable de sauver les gens d’une main et d’exécuter les gens de l’autre main.

Y a-t-il eu des cas où l’armée ukrainienne ait bombardé des villes et des villages quand il ne s’y trouvait aucune insurrection?

C’est leur mode opératoire: d’abord ils utilisent des mines et des missiles et après ils pénètrent dans les villes. D’abord ils détruisent et ensuite ils commencent  à « protéger » ce qui est détruit. Ils détruisent absolument tout. Ils détruisent les gens comme on abat une forêt. Ils n’ont cure de savoir si ce sont des femmes ou des enfants, des personnes handicapées en chaise roulante, qu’il y ait des insurgés dans la ville ou pas.

À quoi cela sert-il de tirer sur des villes paisibles et des civils? Que veulent-ils accomplir en faisant ça?

Nous avons ici la ville de Molodogwardejsk. Bien qu’il ne s’y trouve aucun rebelle du tout, cette ville a été détruite d’une distance sûre avec de l’artillerie. Pour eux c’est juste pour détruire des villes et laisser un désert. Pourquoi ils le font, vous devez leur demander vous-même. En attendant nous ne pouvons même pas faire confiance à leur drapeau blanc. Sous le drapeau blanc, ils opèrent un regroupement de leurs forces et ensuite recommencent à tirer. Vous ne pouvez plus leur faire confiance – ni à l’armée ni au gouvernement. C’est la lie de l’humanité. Quand on lit leurs CVs, il est clair qu’ils sont à leur place dans un zoo. Jusqu’à ce qu’ils soient assis dans des cages, les enfants n’auront plus à avoir peur d’eux. C’est mon seul souhait.

Comment pouvez-vous expliquer que dans certaines zones même du sud-est [de l’Ukraine] la junte ait actuellement de facto gagné, par exemple à Dnepropetrovsk? Pourquoi de grandes portions de la population ont-elles changé de camp idéologique? Pourquoi n’y a-t-il pas de résistance significative?

Notre pays est pauvre. Tout d’abord les gens ont gagné de leur participation au Maïdan. Vous n’y alliez [à Kiev] que pour l’argent. Là ils ont pris des gens, pour créer de grandes foules – je dirais des hordes de gens. On leur a donné des drogues, par exemple dans le thé. Au fait, après leur retour chez eux ils ont détecté des symptômes de manque chez eux. En plus, ils ont reçu un lavage de cerveau au Maïdan. Et il n’y a que les gens du Donbass qui n’y sont pas allés; ils devaient travailler dans cette région industrielle, il fallait qu’ils gagnent l’argent pour le pays tout entier, nourrissant le pays. Par conséquent ils ne peuvent toujours pas nous soumettre. Nous l’avons supporté aussi longtemps que nous le pouvions. Mais à un moment donné nous ne le pouvions plus, ce qui a mené au soulèvement. Cela a toujours été ainsi en Russie: ils sont longs à harnacher, mais ils chevauchent vite.

Que va-t-il maintenant se passer avec ces villes [à l’extérieur du Donbass]? L’on peut certainement présumer que l’immense majorité d’entre elles sont aussi contre le gouvernement de Kiev, mais cette majorité est réprimée et demeure silencieuse. Mais à mon avis, elles devraient aussi être libérées, sinon elles seront prises un jour ou l’autre, pour qu’elles soutiennent la junte. Après elles seront perdues pour toujours.

Mais nous libérerons ces villes aussi. Nous ne punirons personne; tout le monde peut avoir sa propre opinion. Nous présenterons notre point de vue, mais nous n’imposerons pas notre opinion. Si quelqu’un veut nous suivre qu’il le fasse, mais sinon, qu’il ne le fasse pas. Ils peuvent ensuite continuer leurs vies, travailler.

C’est l’été. Il fait encore chaud et les rues sont bien praticables. Mais en hiver il fait froid, les routes sans asphalte deviendront de la boue infranchissable, et donc il est presque impossible de faire parvenir l’aide humanitaire depuis la Russie. Dans beaucoup de villes maintenant il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, plus de chauffage. Comment survivront-ils alors?

Nous sommes un peuple fort. Nous avons l’habitude des difficultés. Et nous surmonterons ces obstacles aussi, que ce soit sous la pluie ou les tempêtes de neige. Nous sommes sérieux à propos de ce que nous avons initié, et nous ne nous arrêterons pas maintenant comme ça. Nous nous battrons jusqu’au bout, il n’y a pas de retour en arrière possible.

Y a-t-il des preuves de la présence d’États-Uniens dans l’administration militaire et qui donnent les ordres?

je ne peux rien dire là dessus. Tout le monde accomplit sa tâche ici et comme je ne suis pas un éclaireur je ne suis pas en mesure de répondre à la question.

Jusqu’à quel point la population locale soutient-elle les insurgés: est-ce 95%, 70%, 50%?

Vous n’avez qu’à juger par vous-même: les gens récoltent des pommes de terre et nous en donnent une partie. Les gens récoltent trois tomates dans le jardin et nous en donnent deux.

Si nous regardons en arrière à l’époque où il n’y avait pas d’insurgés armés, mais que la junte avait déjà beaucoup progressé; comment les gens se battaient-ils contre eux alors?

Ils se battaient avec des bâtons contre des mitraillettes. Ils ont quitté leur emploi, quitté leurs familles et sont venus vers nous de partout. Cela a aussi concerné ceux qui ignoraient tout de l’affaire. Entretemps, ils ont changé d’avis et ont protégé leur pays. Beaucoup ont changé leurs mauvaises habitudes, s’abstenant de l’alcool. Parmi les insurgés, en général, règne une discipline de fer et ils est strictement interdit de boire de l’alcool. Les gens ne sont pas payés. Ils se battent pour une idée. Ils mangent ce que leur donnent les civils. Tous sont hautement motivés, mais le plus tôt toute cette affaire se termine, le mieux ce sera.

Qu’est-ce qui a changé dans les villes et villages sous le contrôle des insurgés? Par exemple, je lis qu’ils ferment les casinos et poursuivent les trafiquants de drogue…

La police ukrainienne s’est battue pendant 23 ans contre de tels phénomènes que la corruption et le trafic de drogue, mais sans succès. Nous y avons immédiatement remédié. Les drogues sont devenues d’une rareté absolue. Quelque chose change dans l’esprit des gens et même les alcooliques et les toxicomanes changent leurs habitudes. Dans nos magasins vous pouvez facilement acheter de la vodka, mais personne ne le fait. Les toxicomanes se disent – peut-être en plaisantant – qu’ils ne prendront plus de drogues avant la victoire. De toute façon, il n’y a plus de drogues.

À l’intérieur des villes libérées, les usines et les mines de charbon sont détruites; il n’y a pas de travail. Comment pouvez-vous y vivre?

Nous les reconstruirons, comme nous l’avons fait après la Grande Guerre Patriotique [Seconde Guerre Mondiale]. Notre enthousiasme y suffira. Même si notre génération vit dans la pauvreté, la génération suivante vivra mieux. Nous n’avons pas peur.

Du côté des Russes vous recevez une aide humanitaire, ce qui est largement connu. Mais qui délivre cette assistance: l’état, des partis politiques, l’église, des particuliers?

Vous avez accès à ces paquets. Prenez des photos, les paquets ont des étiquettes.

Dans le magasin pour l’aide humanitaire j’ai vu beaucoup de paquets du Parti Communiste, d’églises…

Aussi de vétérans de la guerre d’Afghanistan, de vétérans de Tchernobyl, du Parti Communiste, de gens qui savent ce qu’est une guerre.

Des organisations occidentales fournissent-elles aussi une assistance humanitaire dans le sud-est?

Et comment! Ils livrent des mines et des projectiles à l’armée ukrainienne. De cette façon ils aident l’Ukraine et cette assistance les aide à détruire des gens normaux.

Donc, il n’y a pas d’aide humanitaire [de l’Occident]?

Elle n’existe pas, je n’en ai jamais vu. La même chose est vraie pour l’aide médicale.

 Note: Enregistré par Fedor Panteleev. Sous-titres, Marcel Sardo.

Source: http://slavyangrad.org/2014/08/18/interview-with-a-rebel-part-1/



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