Le Myanmar défie la « communauté internationale »

Par Gearóid Ó Colmáin, le 01 avril 2017

Aung San Suu Kyi, dirigeante de facto du Myanmar, a rejeté les appels de l’ONU pour enquêter sur la situation vécue par la soi-disante minorité ethnique Rohingya du pays. Il y a eu une éruption de violence dans la province d’Arakan en octobre 2016, lorsque des terroristes djihadistes ont attaqué un barrage de police le long de la frontière bangladaise, tuant neuf policiers.

Cet attentat fut imputé à l’Organisation de Solidarité Rohingya (RSO, Rohingya Solidarity Organisation), une organisation terroriste djihadiste pourvue de liens avec l’Arabie Saoudite. Des groupes de défense des droits de l’homme en cheville avec le State Department US ont lancé un appel concerté à la « communauté internationale » pour qu’elle agisse afin de prévenir le « génocide » de la minorité Rohignya, après que les troupes birmanes aient déclenché une opération militaire visant à écraser l’insurrection islamiste. Le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR) a accusé le gouvernement du Myanmar de génocide, sur les bases des rapports douteux des organisations sus-mentionnées qui possèdent un historique étoffé de diffusion de mensonges et de désinformation, visant à justifier des guerres d’agression grimées en « interventions humanitaires ».

Le gouvernement birman a nommé une commission pour investiguer les allégations de crimes d’état en province d’Arakan. Le sort des Rohingyas a reçu une couverture médiatique touffue ces dernières années. Les Rohingyas sont en réalité des Musulmans bengalis qui migrent vers l’ancienne province britannique d’Arakan depuis le 19ème siècle, lorsque l’Empire Britannique y installa des propriétaires terriens venant des « Chittagong Hill Tracts » (région montagneuse de Chittagong, au sud-est du Bangladesh) pour cultiver la terre. La province possède bien une histoire islamique glorieuse, remontant au XVème siècle; mais la population bouddhiste n’est devenue minoritaire dans l’Arakan septentrional qu’au cours des dernières décennies.

Des milliers de femmes bouddhistes ont été violées et assassinées par des Musulmans bengalis; de cela, les médias occidentaux ont à peine parlé, voire pas du tout. En lieu et place, l’attention a été portée sur la diabolisation des moines nationalistes qui œuvrent à favoriser un boycott de ce qu’ils perçoivent comme une tentative, menée par les Musulmans bengalis, pour procéder au nettoyage ethnique de la province. Aucune investigation objective des violences ethniques ensanglantant la province n’a été menée par la presse occidentale. Au lieu de cela, les moines nationalistes ont été décrits comme étant « racistes », et de nombreuses vidéos mal traduites et hors de contexte ont été produites pour appuyer ce discours.

Aung San Suu Kyi a été un atout de l’impérialisme britannique et étasunien depuis le soulèvement 8888 appuyé par la CIA de 1988, qui visait à renverser le régime nationaliste et à installer un dirigeant fantoche favorable à l’Occident à sa place. L’espoir avait toujours été qu’elle ouvre le pays riche en minéraux aux entreprises occidentales. Cependant, la « communauté internationale », c’est-à-dire les USA et leurs états vassaux, a récemment exprimé ses regrets face au rythme jugé lent des réformes économiques dans le pays, depuis qu’elle a été élue pour le diriger en 2015: Aung San Suu Kyi devait livrer le Myanmar sur un plateau aux intérêts occidentaux, mais jusqu’ici elle n’a pas encore livré la marchandise.

À la tête de la Ligue Nationale pour la Démocratie, Aung San Suu Kyi semble désormais défier la communauté internationale – en jouant la carte nationaliste. Avec l’Occident en déclin terminal, il est probable que Suu Kyi ait compris que les réels intérêts du pays se situent dans le rapprochement avec la Chine. Terreau de tensions ethniques, la Birmanie pourrait aussi avoir à faire face, entre autres, à une insurrection provoquée par l’État Islamique et l’Armée pour l’Indépendance Kachin. Le pays tient ses premières élections partielles depuis l’avènement d’Aung San Suu Kyi au pouvoir en 2015 et les tensions ethniques sont déjà palpables. Selon des rapports, des activistes du NLD auraient été menacés dans l’État de Shan par l’armée de l’État de Shan. L’Union du Myanmar est fragile et des puissances étrangères pourraient facilement déstabiliser le pays si le NLD choisissait de rejeter l’Occident au profit de la Chine.

Les Rohingyas ont reçu le soutien du milliardaire des fonds spéculatifs George Soros, dont les Fondations « Open Society » promeuvent un agenda néolibéral vendu sous l’habit de « droits de l’homme » et de « démocratie ». Des défenseurs du récit des Rohingyas ont souligné que l’armée birmane entretient des liens étroits avec Israël, et que la violence à l’encontre de la minorité Rohingya a été attisée par Tel-Aviv. De fait, les militaires birmans ont des rapports étroits avec Israël et des agents israéliens attisent l’islamophobie dans le pays; mais la Russie et la Chine ont aussi des rapports étroits avec Israël. Cela signifie-t-il que la répression chinoise contre les terroristes ouïghours soutenus par l’Occident, et la guerre en cours de la Russie contre des djihadistes au nord du Caucase font également partie d’une conspiration sioniste? Allons donc…

Le conflit au Myanmar est extrêmement complexe mais le récit construit par le complexe militaire/industriel/médiatique/du renseignement/humanitaire imputant tous les problèmes du pays au gouvernement ressemble aux premiers stades de la campagne terroriste appuyée par l’Occident contre la Libye, la Syrie et plusieurs autres pays. Aung San Suu Kyi travaille peut-être toujours pour le compte de ses sponsors occidentaux ou elle a pu choisir de suivre dans les pas de son père, qui avait trahi ses soutiens impérialistes japonais pour suivre une ligne nationaliste.

Peut-être Aung San Suu Kyi a-t-elle appris une leçon importante pendant ses années sous résidence surveillée, aux mains du régime militaire: le pays ne se développera jamais s’il se vend complètement à la « communauté internationale ». Au cours du siècle chinois il n’y a qu’une ceinture, et qu’une route – One Belt, One Road.

Plusieurs cercles élitistes d’Europe et des États-Unis appellent à la révocation du Prix Nobel d’Aung San Suu Kyi. Elle est confrontée à un choix clair: expulser toutes les ONGs étrangères et s’orienter plus près de la Chine économiquement et militairement, garantissant ainsi un avenir au pays, ou alors ployer devant la pression néocoloniale occidentale, en cédant du terrain sur le thème des Rohingyas. Si elle opte pour la première option, elle rejoindra Qaddafi et Assad dans la galerie occidentale des affreux. Mais elle peut remporter la guerre si elle campe fermement sur ses positions, et pourrait devenir une bonne candidate pour le Prix Confucius de la Paix – la médaille arborée par ceux qui sont vraiment en pointe, dans la voie de la paix et du développement.

Source: http://www.gearoidocolmain.org/myanmar-defies-international-community/

Traduit par Lawrence Desforges



Catégories :International

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5 réponses

  1. Un article très tendancieux. Quels médias parlent réellement de ces victimes aux mains nues ? Tu es le seul je pense et tu le fais dans le mauvais sens. Comment peux-tu justifier ces crimes contre l’humanité crimes de génocide ? Mort aux malhonnêtes et aux injustes

    • La bigoterie et les mensonges des médias sont notoires, et même ceux qui recherchent la vérité peuvent être leurrés…
      Je ne justifie rien, j’expose.
      Qui es-tu, pour souhaiter la mort à ton prochain…?

Rétroliens

  1. Le Myanmar défie la « communauté internationale » | Réseau International
  2. Le Myanmar défie la « communauté internationale » | Michelduchaine

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