La souveraineté nationale, thème principal de l’élection présidentielle française

présidentielles 2017

Crédits: francetvinfo.fr

Par Diana Johnstone, le 21 avril 2017

L’élection présidentielle de 2017 marque un tournant radical des alignements politiques en Europe. Il se produit actuellement un glissement depuis la rivalité droite-gauche traditionnelle, vers une opposition entre la mondialisation sous la forme de l’Union Européenne et la souveraineté nationale.

Les médias classiques s’en tiennent à ce simple dualisme droite-gauche: le rejet « raciste » des migrants est le sujet le plus important et ce qui compte par-dessus tout, c’est de « stopper Marine Le Pen »! Procéder de l’un à l’autre ressemble au passage à travers le télescope d’Alice [au Pays des Merveilles, NdT]. Presque tout y a été inversé.

De ce côté de l’appareil, la gauche s’est transformée en droite et une partie de la droite se mue en gauche.

Il y a cinquante ans, c’est « la gauche » qui avait pour cause la plus ardente le soutien passionné pour les luttes de libération nationale des pays du Tiers-Monde. Les héros de la gauche s’appelaient Ahmed Ben Bella, Sukarno, Amilcar Cabral, Patrice Lumumba, et surtout Ho Chi Minh. Quel était l’enjeu du combat de ces chefs? Ils se battaient pour libérer leurs pays de l’impérialisme occidental. Ils se battaient pour l’indépendance, pour le droit de décider de leur propre mode de vie, de préserver leurs propres coutumes, de choisir leur propre avenir. Ils se battaient pour la souveraineté nationale, et la gauche soutenait ce combat.

De nos jours, tout a été inversé. La « souveraineté » est devenue un mot honni, dans la bouche de la gauche consensuelle.

La souveraineté nationale est à la base un concept de défense. C’est une histoire où l’on reste chez soi à s’occuper de ses affaires. C’est le contraire du nationalisme agressif qui a inspiré l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie pour aller conquérir d’autres pays, en les privant de leur souveraineté nationale.

La confusion provient du fait que la majeure partie de ce qui se décrit comme étant « la gauche », en Occident, a complètement été absorbée par la forme actuelle de l’impérialisme, alias la « mondialisation ». Il s’agit d’un impérialisme nouvelle formule, axé sur l’usage de la puissance militaire et du « soft power » pour permettre à la finance transnationale de pénétrer dans tous les recoins de la Terre, et ainsi d’y refaçonner toutes les sociétés dans une quête éperdue de bénéfices « sonnants et trébuchants », tirés d’investissements en capitaux. La gauche a complètement été absorbée par cette nouvelle forme d’impérialisme parce qu’elle avance sous la bannière des « droits de l’homme » et de « l’anti-racisme » – des abstractions que toute une génération a été endoctrinée à considérer comme les thèmes politiques centraux – sinon les seuls – de notre époque.

Le fait que le « souverainisme » soit en plein essor en Europe est interprété par les médias mondialistes mainstream comme la preuve que « l’Europe s’oriente à droite » – sans doute parce que les Européens sont « racistes ». Cette interprétation est tronquée, et dangereuse. Un nombre sans cesse croissant de gens, dans de plus en plus de nations européennes, réclament la souveraineté nationale précisément parce qu’ils l’ont perdue. Ils l’ont perdue à l’Union Européenne, et maintenant ils entendent la récupérer.

C’est pourquoi les Britanniques ont voté de quitter l’Union Européenne. Pas parce qu’ils sont « racistes », mais surtout parce qu’ils chérissent leur tradition historique d’auto-gestion.

Le naufrage du parti Socialiste

Alors que son mandat présidentiel de cinq ans approche de son ignominieuse fin, François Hollande a été contraint par son impopularité dramatique de laisser son Parti Socialiste (PS) choisir son candidat présidentiel de 2017 par le biais de primaires. Dans un étonnant coup de théâtre le candidat naturel du gouvernement socialiste, le Premier Ministre Manuel Valls, a perdu face à Banoît Hamon, un membre obscur de l’aile gauche du PS qui a refusé de voter en faveur des « lois travail » néo-libérales et impopulaires conçues par le conseiller économique de Hollande, Emmanuel Macron.

Afin d’échapper à l’impopularité du PS, Macron a formé son propre mouvement, « En Marche! » L’un après l’autre, Valls, Hollande et d’autres têtes de file du PS le quittent sur la pointe des pieds, laissant Hamon à la barre de son navire en perdition. Tandis que Hamon se plaint à juste titre de leur trahison, les gros pontes du parti font acte d’allégeance à Emmanuel Macron.

Macron hésite avec ostentation d’accueillir ces vieux briscards convertis sous ses ailes, redoutant que leur conversion rende trop évident le fait que son mouvement « En Marche! » est un clone de l’aile droite du PS, en route pour devenir la succursale française du Parti Démocrate US, sous sa forme clintonienne. Macron proclame qu’il n’est ni de droite ni de gauche, pendant que des politiciens, discrédités de droite comme de gauche, s’accrochent à son wagon à son grand embarras.

Hamon semble ne pas réaliser lui-même que l’origine profonde du naufrage du Parti Socialiste réside dans sa dévotion incompatible envers deux principes contraires: la démocratie sociale traditionnelle et l’Union Européenne. Macron, Hollande et leurs traîtres acolytes ont pour leur part fait leur choix: l’Union Européenne.

Le crépuscule de la droite traditionnelle

Le grand avantage avec le candidat conservateur François Fillon, c’est que ses politiques sont claires. Au contraire de Hollande qui s’efforçait de déguiser ses politiques néolibérales en autre chose, tout en affirmant qu’il était à gauche sur les thèmes « sociétaux » (le mariage gay), Fillon est un conservateur et fier de l’être. Ses politiques sont conçues pour réduire l’énorme dette nationale. Alors que les gouvernements précédents (dont le sien, pendant qu’il était Premier Ministre du Président Nicolas Sarkozy) tournaient autour du pot, Fillon a remporté les primaires des Républicains avec un programme de coupes franches dans les dépenses du gouvernement. Fillon affirme que ses mesures d’austérité vont amener les capitalistes français à investir en France, sauvant ainsi l’économie du pays du phagocytage total par des entreprises étrangères, des fonds de retraite étasuniens et le Qatar. Ceci est très hasardeux puisque il n’y a rien, dans les règles européennes, qui encourage les investisseurs français à investir en France plutôt qu’ailleurs.

Toutefois, Fillon se démarque de l’orthodoxie européenne en proposant une politique étrangère plus indépendante, en notamment mettant fin aux « absurdes » sanctions contre la Russie. Il se préoccupe davantage du sort des Chrétiens du Moyen-Orient que du renversement d’Assad.

Ce qu’il en ressort, c’est que la politique pro-capitaliste cohérente de Fillon n’est pas exactement du goût de l’élite mondialiste dominante. Le « centre gauche » est leur choix politique clair, depuis que Tony Blair et Bill Clinton ont remis à jour les agendas de leurs partis respectifs. L’insistance du centre gauche sur les droits de l’homme (surtout dans des pays lointains ciblés pour des changements de régimes) et sur la diversité ethnique à domicile s’accorde avec les objectifs à long terme d’effacement des frontières, permettant des mouvements de capitaux sans aucune restriction. Le conservatisme patriote traditionnel, représenté par Fillon, ne correspond pas assez à l’aventurisme international de la mondialisation.

La gauche schizophrène

Pendant toute une génération, la gauche française a fait de « la construction de l’Europe » le centre de sa vision du monde. Au début des années 1980, face à l’opposition de ce qui était alors la Communauté Européenne, le Président français François Mitterrand a abandonné le programme de type socialiste qui l’avait porté à la présidence. Mitterrand avait nourri l’espoir que la France en vienne à dominer politiquement une Europe unie, mais la réunification de l’Allemagne a changé tout cela, tout comme l’expansion de l’UE vers les nations d’Europe Centrale et de l’Est, à l’intérieur de la sphère d’influence allemande. La politique économique provient désormais d’Allemagne.

Tandis que le but traditionnel d’égalité économique de la gauche était abandonné, il était remplacé par une allégeance emphatique envers les « droits de l’homme », qui sont désormais enseignés à l’école comme une véritable religion. La vague notion de droits de l’homme a, d’une façon ou d’une autre, été associée à la « libre circulation » de tout et de tout le monde. En effet, le dogme officiel de l’UE est de protéger la « libre circulation »: libre circulation de biens, de personnes, de labeur et (en dernier mais certainement pas du moindre) du capital. Ces « quatre libertés » mises en pratique transforment la nation, faisant d’une société politique un marché financier, une opportunité d’investissement gérée par une bureaucratie de pseudo-experts cooptés. De cette façon, l’Union Européenne est devenue l’expérimentation d’avant-garde de la transformation du monde en un seul marché capitaliste.

La gauche française a largement adhéré à cet idéal, en partie parce qu’il faisait frauduleusement écho au vieil idéal gauchiste « d’internationalisme » (alors que le capital a toujours été incomparablement plus « international » que les travailleurs), et en partie à cause de l’idée simpliste que le « nationalisme » serait la source originelle de toutes les guerres. Les origines plus complexes et fondamentales des guerres sont laissées de côté.

Pendant longtemps, la gauche s’est plainte des pertes d’emploi, de la régression du niveau de vie, des délocalisations ou de la fermeture d’industries profitables, sans reconnaître que ces résultats impopulaires sont induits par les exigences de l’UE. Les directives et les règlements de l’UE sapent de plus en plus le modèle français de redistribution par les services publics, et menacent désormais de les balayer complètement – soit parce que « le gouvernement n’a pas d’argent » soit parce que les règles de compétitivité de l’UE interdisent aux pays de prendre des mesures pour préserver leurs principales industries ou leur agriculture. Plutôt que de confronter la réalité, la réaction de la gauche a surtout été de rabâcher son désir impossible d’une « Europe Sociale ».

Pourtant, le rêve d’une « Europe sociale » avait essuyé un coup d’apparence fatal il y a dix ans. En 2005, un référendum fut organisé pour permettre aux Français d’approuver une Constitution pour une Europe unie. Ceci mena à des discussions populaires extraordinaires, des réunions innombrables de citoyens examinant chaque aspect de ce long document. Au contraire des constitutions normales, ce document gelait les États membres dans une seule politique économique et monétaire, sans possibilité d’en changer.

Le 29 mai 2005, les électeurs français rejetèrent le traité, par 55% contre 45%.

Ce qui semblait être une victoire majeure pour une démocratie responsable se mua en son plus grand échec. Quasiment le même document, renommé Traité de Lisbonne, fut ratifié en décembre 2007, sans référendum. La gouvernance mondiale avait remis les gens à leur place. Ceci généra une désillusion répandue vis-à-vis de la politique, tandis que des millions de personnes parvenaient à la conclusion que leurs votes n’avaient pas d’importance, et que les politiciens ne prêtaient pas attention à la volonté des gens.

Alors même, les politiciens socialistes continuaient d’accorder une allégeance infatigable à l’UE, toujours avec la perspective que « l’Europe Sociale » puisse être envisageable.

Pendant ce temps, il est devenu de plus en plus évident que la politique monétaire de l’UE reposant sur la monnaie commune, l’euro, ne crée ni croissance ni emplois comme annoncé, mais les détruit tous les deux. Incapable de contrôler sa propre monnaie, contrainte d’emprunter à des banques privées et de leur payer les intérêts, la France est de plus en plus endettée, son industrie disparaît et ses fermiers se suicident, au rythme en moyenne d’un tous les deux jours. La gauche aboutit dans une position intenable: invariablement fidèle à l’UE tout en appelant à des politiques impossibles en fonction des règlements de l’UE gouvernant la compétition, la libre circulation, la dérégulation, les restrictions budgétaires, et d’innombrables autres règlements produits par une bureaucratie opaque et ratifiés par un Parlement Européen virtuellement sans pouvoir, le tout sous l’influence d’une armée de lobbyistes.

Benoît Hamon reste fermement accroché aux cornes du dilemme fatal de la gauche: la résolution d’être « socialiste », ou plutôt « sociale-démocrate », et passionnément loyale à « l’Europe ». Tout en insistant sur des politiques sociales qui ne peuvent aucunement être appliquées avec l’euro comme monnaie et selon les règles de l’UE, Hamon proclame toujours sa loyauté envers « l’Europe ». Il se fait le perroquet de la politique étrangère made-in-Washington, ahanant que « Assad doit partir » et vociférant contre Poutine et la Russie.

Jean-Luc Mélenchon s’y frotte

Non seulement le morose et conformiste Hamon se fait lâcher par les poids lourds de son parti, il se fait totalement voler la scène à gauche par le flamboyant Jean-Luc Mélenchon, un électron libre prêt à enfreindre les règles. Après des années de loyauté au PS, Mélenchon s’en détacha en 2005 pour s’opposer au Traité Constitutionnel, gagnant la réputation d’un orateur enflammé. En 2007, il quitta le Parti Socialiste pour fonder le parti de Gauche. Allié avec le Parti Communiste, beaucoup plus faible, il est arrivé quatrième du premier tour des élections présidentielles de 2012 avec 11% des suffrages. Cette fois-ci, il brigue la présidence avec son propre mouvement, « La France Insoumise ».

Soumise à quoi? Essentiellement à l’euro, et aux politiques antisociales et néolibérales de l’Union Européenne qui ruinent la France.

Les drapeaux tricolores et La Marseillaise ont remplacé L’Internationale aux meetings de Mélenchon. « L’Europe de nos rêves est morte, » convient-il, jurant de « mettre fin au cauchemar de la dictature des banques et de la finance. »

Mélenchon appelle à la désobéissance délibérée, par la violation des traités de l’UE qui nuisent à la France. C’est son « Plan A ». Son « Plan B » est de quitter l’UE, au cas où le Plan A échoue à convaincre l’Allemagne (le patron actuel) et les autres d’accepter de changer les traités. Mais au mieux, le Plan B est une menace en l’air pour affermir sa position dans la perspective d’éventuelles négociations. La France est un membre si crucial [de l’UE] qu’une menace française de départ devrait suffire à imposer des changements, assure-t-il.

La menace de quitter l’UE n’est qu’une partie du vaste et complexe programme de Mélenchon, qui comprend la convocation d’une convention nationale pour la rédaction de la constitution de la « Sixième République » française ainsi que des innovations écologiques majeures. Changer entièrement la France et en même temps l’Union Européenne requiert que la nation vive une effervescence révolutionnaire, qui est loin d’être visible. Cela nécessiterait également l’unanimité parmi les 28 états-membres de l’UE, fait tout simplement impossible.

Mais Mélenchon est assez rusé pour avoir identifié le problème de base: l’ennemi des emplois, de la prospérité et des services publics c’est l’Union Européenne. Mélenchon est de loin le candidat qui génère le plus d’enthousiasme. Il a rapidement distancé Hamon et attire d’énormes foules enthousiastes à ses meetings. Sa progression a changé la tenue de la course: actuellement, il est devenu l’un des quatre candidats possédant une chance de passer le premier tour du 23 avril pour arriver à la finale du 7 mai: Le Pen, Macron, Fillon et lui-même.

Les contraires sont (presque) les mêmes

Un aspect tout à fait remarquable de cette campagne est la grande similitude entre les deux candidats dits représenter « l’extrême gauche », Mélenchon, et « l’extrême droite », Le Pen. Les deux parlent de quitter l’euro. Les deux jurent de négocier avec l’UE pour obtenir des meilleures termes de traité pour la France. Les deux professent des politiques sociales pour bénéficier aux travailleurs et aux bas revenus. Les deux veulent normaliser les relations avec la Russie. Les deux veulent quitter l’OTAN, ou du moins son commandement intégré. Les deux défendent la souveraineté nationale, et peuvent donc être décrits comme des « souverainistes ».

La seule grosse différence entre eux se situe sur l’immigration, un thème qui suscite tellement d’émotion qu’il est difficile d’en discuter sereinement. Ceux qui s’opposent à l’immigration sont accusés de « fascisme », et ceux qui sont en sa faveur sont taxés de la destruction de l’identité nationale par la submersion avec des étrangers inassimilables.

Dans un pays souffrant du chômage, sans emplois ou logements pour supporter cette immigration massive, et en présence de la menace d’attentats terroristes islamistes, le sujet ne peut pas être raisonnablement réduit à une affaire de « racisme » – à moins que les terroristes islamistes constituent une « race », ce pour quoi il n’existe pas de preuve. Le Pen insiste que tous les citoyens français méritent un traitement égal quelque soit leur origine, leur race ou leur religion. Elle est sûre d’obtenir un soutien considérable de la part d’immigrants récemment naturalisés, tout elle capte déjà une majorité des votes de la classe laborieuse. S’il s’agit là de « fascisme », il a beaucoup changé au cours des soixante-dix dernières années.

Il est significatif qu’en dépit de leurs différences, les deux candidats les plus charismatiques parlent tous les deux de la restauration de la souveraineté nationale. Ils évoquent tous deux la possibilité de quitter l’Union Européenne, quoiqu’en termes assez incertains.

Les médias mondialistes se préparent déjà à imputer l’éventuelle victoire d’un candidat « souverainiste » à Vladimir Poutine. L’opinion publique occidentale se prépare à des manifestations massives dirigées contre un vainqueur indésirable, et les militants « antifas » sont prêts à semer la pagaille dans les rues. Certaines personnes qui apprécient Marine Le Pen ont peur de voter pour elle, redoutant la « révolution de couleur » qui sera sûre d’être montée contre elle. Mélenchon et Fillon pourraient être confrontés à des problèmes similaires.

Comme avant-goût des choses à venir, le 20 avril, le EU Observer a publié un article intitulé « des fake news en lien avec la Russie inondent les réseaux sociaux français ». Basé sur une chose appelée Bakamo, l’une des officines de « vérification des faits » récemment montées dans le but d’orienter les lecteurs loin des opinions non-officielles, l’article accusait des sites web russes de favoriser Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, François Asselineau et Philippe Poutou (ils ont oublié de mentionner l’un des candidats les plus « souverainistes », Nicolas Dupont-Aignan, actuellement en sixième place dans les sondages). Puisque la majeure partie des onze candidats, dont trois des quatre têtes de file, sont très critiques de l’UE et de l’OTAN et désirent améliorer les relations franco-russes, il semble que Poutine n’aurait pas beaucoup d’efforts à faire pour avoir un gouvernement français plus amical, la prochaine fois. Par contre, l’article du EU Observer est un petit échantillon « d’interférence dans les élections françaises » de façon flagrante pour le compte de leur poulain Emmanuel Macron, le plus enthousiaste des europhiles.

L’avenir de la France

Parmi ceux qui sont sur la liste des favoris russes se trouve François Asselineau, qui est de loin le candidat le plus critique vis-à-vis de l’Union Européenne. Systématiquement ignoré par les médias depuis qu’il a fondé son propre parti anti-UE, l’Union Populaire Républicaine (UPR) il y a dix ans, François Asselineau dispose de milliers de militants ardents qui ont affiché ses posters à travers tout le pays. Ses discours didactiques inlassables, relayés sur Internet, ont fait mouche sur certains points essentiels:

  • il n’est pas possible d’améliorer l’UE de l’intérieur, puisque tout changement implique l’unanimité de 27 états-membres qui divergent sur des thèmes essentiels.
  • La seule solution pour la France est de faire usage de l’Article 50 du Traité de Lisbonne pour s’en extraire entièrement, comme le fait actuellement le Royaume-Uni.
  • Ce n’est qu’en quittant l’UE que la France pourra préserver ses services publics, son économie et sa démocratie.
  • Ce n’est qu’en restaurant sa souveraineté nationale que la réelle vie démocratique, dotée d’une authentique confrontation entre une vraie « gauche » et une vraie « droite », est possible.
  • En quittant l’UE, la France, qui honore plus de 6 000 traités avec d’autres pays, ne sera pas isolée mais rejoindra le monde « au grand large ».

Asselineau est un candidat axé sur un unique thème. Il annonce qu’une fois élu, il invoquera l’Article 50 pour quitter l’UE et demandera officiellement à Washington le retrait français de l’OTAN. Il souligne qu’aucun autre candidat critique envers l’UE ne propose une sortie aussi claire, en-dedans des règles existantes.

D’autres candidats, dont les plus charismatiques Mélenchon et Le Pen, font écho à certains des arguments d’Asselineau. Mais ils n’osent pas aller si loin que de professer une rupture immédiate et claire d’avec l’UE, dans la mesure où ils assument que la population française, tout en critiquant de plus en plus l’euro et s’aliénant du « rêve européen », est elle-même chétive à l’idée de « partir pour de bon », à cause des imprécations catastrophiques des européistes.

Le premier tour est pour Asselineau l’opportunité de présenter ses idées à un plus vaste public, pour préparer l’opinion à une politique de « Frexit » plus cohérente. Le thème qui est de loin le plus central dans cette campagne est le conflit entre l’Union Européenne et la souveraineté nationale. Il ne sera sans doute pas réglé lors de cette élection, mais il ne s’en ira pas pour autant. C’est ici le thème politique majeur à l’avenir, car il détermine la possibilité de toute vie politique.

Source: http://www.counterpunch.org/2017/04/21/the-main-issue-in-the-french-presidential-election-national-sovereignty/

Traduit par Lawrence Desforges



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